Politique

Après Gabriel Serville, qui pour présider la CTG ?

La succession de Gabriel Serville à la présidence de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) se prépare en coulisses. Le lundi 26 octobre, les 55 conseillers territoriaux devront élire un nouveau président et renouveler la commission permanente. À ce stade, aucune candidature officielle n’a été annoncée, mais les discussions politiques s’intensifient à l’approche d’un scrutin aux enjeux importants, à moins de deux ans des prochaines élections régionales.

Par La rédaction PÉYI · 13/10/2026

© CTG
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Depuis le décès de Gabriel Serville, survenu le 30 septembre dernier, Jean-Paul Fereira assure la direction de la CTG. En sa qualité de premier vice-président, il a pris les fonctions de président par intérim pour une durée d’un mois, conformément aux règles de succession prévues. Il connaît déjà les responsabilités liées à cette fonction, puisqu’il avait assuré la suppléance à plusieurs reprises lorsque Gabriel Serville s’était rendu dans l’Hexagone pour suivre des soins médicaux.

En charge du développement durable et de la transition énergétique depuis 2021, Jean-Paul Fereira avait également joué un rôle dans la victoire de la coalition conduite par Gabriel Serville. Cette année-là, l’alliance nouée avec les listes de Jessi Américain avait permis de mettre fin à la présidence de Rodolphe Alexandre à la tête de la collectivité.

Un vote décisif le 26 octobre

Les conseillers territoriaux sont convoqués en assemblée plénière le lundi 26 octobre à 9 heures. À l’ordre du jour figurent notamment l’élection du nouveau président, la détermination du nombre de membres de la commission permanente et leur désignation. 

Les élus devront également se prononcer sur les délégations de pouvoir accordées au président et à cette instance, ainsi que sur une nouvelle représentation de la CTG au conseil d’administration de l’Établissement public foncier et d’aménagement de la Guyane (EPFAG).

Le scrutin se déroulera à bulletin secret. Selon les règles applicables, trois tours sont possibles. Le candidat élu devra obtenir la majorité absolue aux deux premiers tours. Si aucun ne parvient à réunir suffisamment de voix, un troisième tour sera organisé, au cours duquel la majorité relative suffira. En 2021, Gabriel Serville avait été élu dès le premier tour avec 35 voix sur 55.

L’élu qui prendra la succession exercera ses fonctions jusqu’à la fin du mandat actuel, avant les élections régionales en 2028.

Une majorité à recomposer

À ce stade, aucun prétendant ne s’est officiellement déclaré. La succession de Gabriel Serville ouvre néanmoins une période de tractations internes, aussi bien au sein de la majorité que dans les rangs de l’opposition.

Sur le papier, la majorité dispose d’un avantage avec 35 élus, contre 20 pour l’opposition. Mais cet équilibre pourrait être fragilisé par les divisions apparues au cours du mandat. Certains élus, parmi lesquels Jessi Américain, Muriel Briquet et Zadkiel Saint-Orice, ont exprimé des désaccords avec la ligne politique défendue par Gabriel Serville. D’autres ont pris leurs distances en constituant le groupe « Guyane sans limites », composé d’Aïssatou Chambaud, Keena Léonce et Violaine Machichi-Prost.

Ces divergences pèseront-elles sur le résultat du scrutin et compliqueront-elles la désignation d’un candidat capable de rassembler une majorité ? À moins que cette période de transition ne permette, au contraire, de faire émerger une majorité à nouveau soudée. La réponse à cette énigme politique devrait être connue d’ici moins de deux semaines.

Dans les rangs de l’opposition, qui apparaît plus unie, une candidature pourrait également être proposée. Récemment élu sénateur, Rodolphe Alexandre ne devrait toutefois pas briguer la présidence de la CTG. Reste à savoir si l’opposition cherchera à prendre la tête de la collectivité dès le 26 octobre ou si elle profitera de ce scrutin pour positionner une personnalité en vue des élections territoriales de 2028.

Les prochains jours s’annoncent donc décisifs. En attendant, les différentes forces politiques devront affiner leur stratégie, nouer des alliances et tenter de trouver un terrain d’entente pour poursuivre les travaux au sein de la collectivité.

Un premier positionnement avant 2028

Au-delà du renouvellement de la présidence, cette élection pourrait avoir des conséquences sur les équilibres politiques en vue des prochaines élections de 2028. Prendre la tête de la CTG en cours de mandat représente une occasion de s’imposer politiquement, de gagner en visibilité et de préparer une éventuelle candidature pour la prochaine échéance électorale.

Le renouvellement de la commission permanente constitue un autre enjeu majeur. Il pourrait entraîner une nouvelle répartition des responsabilités, des délégations et des postes au sein de l’exécutif territorial.

Le futur président devra rapidement prendre ses marques à la tête d’une collectivité confrontée à des dossiers structurants. Avec un budget proche de 900 millions d’euros, la CTG doit notamment poursuivre ses projets d’infrastructures, accompagner les réflexions sur l’évolution institutionnelle de la Guyane et faire avancer la construction de nouveaux lycées.

Le 26 octobre, les 55 conseillers territoriaux ne désigneront donc pas seulement un successeur à Gabriel Serville. Leur choix dessinera également les nouveaux rapports de force politiques à la tête de la collectivité majeure de Guyane, à l’approche d’une échéance électorale qui s’annonce déjà déterminante.

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