Blocus des lycées : « Si votre enfant casse, c'est vous qui payez »
C’est en somme le message que souhaite faire passer le Parquet de Cayenne. Treize jeunes ont été placées en garde à vue depuis le début des mobilisations lycéennes en Guyane. Dans un communiqué, la Procureure de la République détaille les suites judiciaires données à ces affaires et rappelle aux parents leurs responsabilités.
Par Florian Royer · 08/10/2026

Depuis le vendredi 2 octobre, plusieurs lycées de Guyane connaissent des mobilisations portant sur les conditions d'études et d'accueil des élèves. À cette occasion, treize personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.
Les faits reprochés se répartissent en trois groupes à parts égales : des atteintes aux forces de sécurité intérieure, la participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations, et des atteintes aux biens. Selon le parquet, « chaque situation a fait l'objet d'un examen individualisé », au regard de la nature des faits, des éléments de l'enquête et de la situation personnelle de chacun.
Des alternatives aux poursuites dans la majorité des cas
Pour l'instant, la réponse judiciaire reste mesurée :
46 % des procédures ont débouché sur une obligation d'effectuer un stage de citoyenneté, mis en œuvre par la Protection judiciaire de la jeunesse, après un défèrement devant le procureur ;
31 % ont été classées sans suite, faute de conditions réunies pour une réponse pénale ;
15 % se poursuivent, des vérifications complémentaires étant nécessaires ;
8 % ont conduit à la saisine du juge des enfants, avec des mesures adaptées, notamment un contrôle judiciaire assorti d'un couvre-feu et d'une interdiction de manifester.

Manifestation au lycée Georges Othily (Balata-Matoury)
« Etre mineur n'exclut pas une réponse judiciaire »
La procureure de la République, Aline Clérot, tient à rappeler que « la minorité des personnes mises en cause n'exclut pas la mise en œuvre d'une réponse judiciaire lorsque les éléments constitutifs d'une infraction sont réunis ».
Le communiqué est accompagné d'un flyer destiné aux parents. Il rappelle leurs responsabilités et leurs obligations lorsque leur enfant blesse ou dégrade. D'où la formule retenue par le parquet : « Si votre enfant casse, c'est vous qui payez. »
Cette initiative n'est pas isolée dans l’ensemble du territoire national. Lundi, le préfet des Hauts-de-Seine a convoqué des parents dont les enfants auraient été impliqués dans des violences lors de blocus, et leur a fait la leçon. Ces convocations avaient beaucoup fait réagir, jusqu'au niveau politique.
Le parquet de Cayenne affirme vouloir « concilier le respect de la liberté d'expression et de manifestation pacifique avec la protection des personnes, des biens et du fonctionnement des établissements scolaires ». Il dit rester mobilisé, avec les services compétents et la communauté éducative, pour que les rassemblements se déroulent dans le respect du cadre légal.





