Carburants : les prix s’envolent en Guyane dès demain
Des prix autour de 2,20 € et 2,40 € le litre. À partir du 1er octobre, les prix des carburants vont fortement augmenter en Guyane. Le sans-plomb et le gazole devraient atteindre des niveaux proches de ceux actuellement observés dans l’Hexagone. Face à cette nouvelle hausse, l’État renforce plusieurs dispositifs d’aide, mais les professionnels du transport alertent sur leurs difficultés financières.
Par Etienne Cornec · 30/09/2026

La facture à la pompe va encore s’alourdir en Guyane. C'est ce qu'a annoncé le préfet à l'issue d'une réunion avec des élus et des socio professionnels. Les nouveaux tarifs, qui doivent être communiqués ce mercredi 30 septembre à la mi-journée, devraient se situer autour de 2,20 euros le litre pour le sans-plomb et 2,40 euros pour le gazole.
Cette hausse intervient après celle déjà enregistrée en septembre. Selon le préfet de Guyane, Antoine Poussier, cette progression s’inscrit dans un contexte de hausse mondiale des cours du pétrole.
« La hausse du prix des carburants est mondiale et elle est subie par la France comme l’ensemble des pays du monde », explique le représentant de l’État.

Des aides renforcées pour les professionnels
Pour tenter d’amortir cette nouvelle hausse, plusieurs dispositifs sont renforcés. La prime Grand Rouleur est reconduite et doublée, passant de 50 à 100 euros, tandis que le plafond de revenus est relevé à 6 000 euros.
Des aides sectorielles sont également maintenues pour les transporteurs de personnes et de marchandises, les pêcheurs, les agriculteurs ainsi que certains professionnels de santé.
« J’espère que l’ensemble des dispositifs que le gouvernement a mis en place pourront être utilisés, mobilisés le plus possible en Guyane », souligne Antoine Poussier.
Les transporteurs redoutent une aggravation de leurs difficultés
Du côté des professionnels du transport, cette nouvelle hausse suscite de fortes inquiétudes. Carine Sinaï-Bossou, présidente du syndicat des transports en commun de Guyane, estime que le carburant constitue l’un des principaux postes de dépenses des entreprises :
« Beaucoup d’entre nous sont déjà en très grande difficulté financière par rapport à cette hausse de carburant », alerte-t-elle.
La professionnelle pointe également les retards de paiement et les conditions d’accès aux aides, jugées insuffisantes au regard des dépenses engagées.
« 5 000 euros quand vous avez 100 000 euros de facture, c’est vraiment pas grand-chose. »
La crainte d’un effet domino sur l’économie
Au-delà du secteur des transports, les professionnels redoutent désormais des conséquences sur l’ensemble de l’économie guyanaise, avec notamment une hausse des coûts de fonctionnement et des prix.
« C’est une inquiétude globale : certaines entreprises ferment, des salariés peuvent se retrouver au chômage », estime Carine Sinaï-Bossou.
Pour le préfet, l’objectif des dispositifs mis en place est justement d’éviter que la hausse du carburant ne se répercute trop fortement sur les prix.
« Il s’agit d’amortir les conséquences financières sur le pouvoir d’achat ou sur l’équilibre économique des activités », rappelle Antoine Poussier.





