Désert médical : l'ADUCHOG plaide pour des centres territoriaux de santé
Avec seulement 110 médecins généralistes libéraux, dont un tiers a plus de 65 ans, la Guyane est un désert médical en matière de soins de proximité. Pour y remédier, l'association des usagers du CHOG et des cliniques et hôpitaux de Guyane (ADUCHOG) plaide pour la création de centres territoriaux de santé : des structures publiques créées et gérées par les communes, les communautés de communes ou la CTG, où médecins et soignants seraient salariés.
Par La rédaction PÉYI · 19/10/2026

La Guyane peine à recruter des médecins. Or les deux grandes voies d'exercice manquent d'attractivité, souligne Laurent Priou, fondateur et coprésident de l'ADUCHOG :
« Beaucoup de jeunes qui sortent de la fac de médecine hésitent à aller travailler à l'hôpital, ou le font avec la perspective de le quitter. En libéral, un certain nombre de cabinets ont fermé du fait de l'âge atteint par les médecins, et ils n'ont pas été repris. Il faut donc inventer autre chose. »
Les soignants qui ne veulent exercer ni à l'hôpital, en raison de ses nombreux dysfonctionnements, ni en libéral, synonyme de semaines de plus de 50 heures et de lourdes tâches administratives, pourraient trouver leur place dans ces centres. Ils y seraient salariés à 35 heures, sous le statut de la fonction publique territoriale. « Ce sont des structures à taille humaine, avec des horaires tout à fait compatibles avec une vie familiale, qui permettent un exercice coordonné de la médecine à petite échelle », plaide Laurent Priou.
Des centres de santé existent déjà en Guyane, mais ils sont pilotés par la Croix-Rouge ou l'hôpital.

Hôpital de proximité du CHU à Grand Santi
Un modèle qui a fait ses preuves à Mayotte
Paradoxalement, le manque de médecins se fait surtout sentir dans les grandes villes. « La Guyane est un désert médical, en particulier sur Cayenne et Saint-Laurent », relève Laurent Priou. Des caractéristiques qu'il retrouve à Mayotte. Ces structures séduisent une nouvelle génération :
« Les centres territoriaux de santé ont permis de manière significative de faciliter le recrutement d'un grand nombre de médecins et de soignants que l'hôpital et l'exercice libéral n'auraient jamais pu recruter. Ces jeunes médecins et soignants aspirent à autre chose qu'à travailler comme la génération précédente, avec des semaines extrêmement lourdes. Ils veulent aussi avoir davantage de prise sur la réalité de leur travail, ce qui est difficile dans de grandes structures pilotées par l'État via l'ARS »
Dans l'Hexagone, le nombre de centres de santé aurait progressé de 135 % en cinq ans : « La démonstration n'est plus à faire. »
Mieux suivre la drépanocytose
Autre atout mis en avant par l'ADUCHOG : la réactivité. « Il suffit de réunir l'équipe et les élus locaux, d'étudier les besoins de la population et de décider de mettre en place des dispositifs qui y correspondent réellement », détaille Laurent Priou. Ces centres pourraient notamment améliorer la prise en charge des pathologies propres au territoire, comme la drépanocytose :
« Il y a un décalage énorme entre le nombre de personnes atteintes de drépanocytose en Guyane et le nombre de celles qui bénéficient du suivi auquel elles devraient toutes avoir droit. On se retrouve avec une surmortalité qu'on pourrait parfaitement éviter si le suivi était effectif », déplore-t-il.
Un suivi que le libéral, « submergé », et l'hôpital, « structure extrêmement lourde », peinent selon lui à assurer.





