Politique

Election CTG : l'opposition ne présentera pas de candidat et s'abstiendra lundi

“Ni Jean-Paul Fereira, ni Keena Léonce”. Le groupe d'opposition Unis et engagés pour notre territoire ne présentera pas de candidat à la présidence de la Collectivité territoriale de Guyane et s'abstiendra lors du vote de lundi. Invitée de « L'invité du 7 h » sur Radio Télé Péyi ce vendredi, la conseillère territoriale d’opposition, Audrey Marie, ancienne vice-présidente de la CTG, a expliqué ce choix et réclamé du futur exécutif une feuille de route précise pour les 17 mois restants.

Par La rédaction PÉYI · 23/10/2026

© Radio Télé Péyi
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« Respecter le vote des électeurs »

La décision a été prise en réunion de groupe. « Nous estimons que le suffrage universel s'est prononcé en 2021 », explique Audrey Marie. Cette année-là, la liste de l'opposition avait recueilli environ 45 % des voix, contre 55 % pour la coalition de second tour menée par Gabriel Serville : 

« L'élection qui va avoir lieu ne concerne que l'Assemblée territoriale. Pour avoir une légitimité véritable, il faut l'onction du suffrage universel. C'est la raison pour laquelle nous laissons la mandature se terminer avec l'équipe majoritaire, qui en assumera le bilan à la fin. »

Voter pour l'un des deux candidats aurait été incohérent, estime-t-elle : « Nous sommes l'opposition, il aurait été bizarre que nous adhérions subitement au programme de la majorité. L'abstention nous semble la position la plus juste. »

L'élue salue toutefois le « courage » de Keena Léonce, qui s'est désolidarisée de la majorité, comme d'autres élus tels que Zadkiel Saint-Orice, Jessi Américain ou Muriel Briquet. « C'est une majorité assez morcelée », observe-t-elle. Les 20 voix de l'opposition, sur 55, pourraient pourtant peser lourd dans l'issue du scrutin.

La suite : une feuille de route « très précise » exigée

Si le mandat restant est court, l'opposition estime qu'il laisse le temps d'agir. Le groupe d’opposition attend du futur président ou de la future présidente :

« une feuille de route très précise : quelles actions, avec quels chiffrages et quelles dates ».

Les urgences, selon Audrey Marie, ne manquent pas. Elle cite les retards de paiement des entreprises et le recul de la commande publique, sur lesquels alertent le Medef, la chambre de commerce et la chambre des métiers, alors que « la CTG est un donneur d'ordre majeur ».

Elle évoque aussi l'entretien des lycées et la maintenance informatique des établissements, externalisée selon elle via un contrat de 30 millions d'euros, au cœur de la récente colère lycéenne.

À cela s'ajoutent les projets de désenclavement : la route du fleuve Maripasoula-Apatou, votée à l'unanimité, dont l'élue demande où en sont les études, et la route Bélizon-Saül, lancée sous la précédente mandature de Rodolphe Alexandre et « totalement évacuée ». 

Avec le déclenchement du plan Orsec sécheresse et des fleuves de nouveau non navigables, la question devient pressante : « Ce qui m'inquiète, c'est qu'on soit très statiques après les grandes déclarations. » Elle regrette aussi l'absence de la collectivité dans le suivi de l’évolution du CHU.

« Une espèce d'opacité »

L'élue dénonce un manque de transparence. « Régulièrement, nous demandons un certain nombre de précisions qui ne nous sont jamais apportées. Il y a une espèce d'opacité », affirme-t-elle, citant notamment les délais de paiement des entreprises, qui dépassent le délai légal de 30 jours, comme l'a relevé la Cour des comptes. Une mission d'information et d'évaluation ? « C'est à envisager », répond-elle. Sur les finances toujours, Audrey Marie pointe un paradoxe : un compte administratif positif, mais des dépenses en baisse : 

« Comment peut-on avoir un compte administratif positif lorsqu'il y a autant de besoins sur le territoire ?  Il faut un courage politique car ces dépenses sont au bénéfice des Guyanais ».

Déjà tournés vers 2028

L'opposition a toutefois pensé à revenir aux manettes. Le groupe a débattu de l'opportunité de présenter un candidat, mais a finalement tranché : 

« Ce n'est pas parce qu'un homme est malheureusement décédé qu'on va considérer ça comme une opportunité. Le rendez-vous est donc pris pour 2028.  Le projet, c'est sûr qu'on y pense, et on a une vision claire de là où on veut aller », explique Audrey Marie

Sur l'évolution statutaire, elle juge le bilan de la majorité sévèrement, faute de projet fiscal et économique et soutien l'ancien projet de statut Sui generis : « Pour être souverain, il faut avoir les moyens de la souveraineté. » Elle met aussi en avant des sujets moins visibles, comme le vieillissement de la population et la prise en charge des personnes âgées.

Quant au rôle de Rodolphe Alexandre, désormais sénateur, elle le décrit comme « toujours très présent et le leader naturel » du groupe, tout en revendiquant un fonctionnement démocratique : 

« Nous sommes disciplinés, mais nous ne sommes pas des disciples. »

La conseillère territoriale, conclut en rappelant que la divergence politique n'est pas un problème en soi : 

« Il faut arrêter de considérer que l'opposition des opinions est forcément néfaste. Il y a une majorité, il y a une opposition, et un système démocratique conçu pour que certains aient le pouvoir et d'autres des contre-pouvoirs. »

Pour succéder à Gabriel Serville, président de la CTG, décédé le 30 septembre dernier, ce lundi 26 octobre, les élus de l'Assemblée territoriale devront voter. Pour l'instant, deux candidats sont déclarés, Jean-Paul Fereira et Keena Léonce.

Une séance plénière spéciale élection à suivre en direct sur Radio Télé Péyi en radio, en télé et sur l'ensemble de nos réseaux.

PODCAST : Invitée du 7h - Audrey Marie - Conseillère territoriale

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