Emmaüs s'implante en Guyane
L'association Emmaüs 973 a inauguré mardi 6 octobre sa boutique solidaire à Novapark, à Cayenne. Linge, chaussures et livres y sont revendus à très bas prix, au profit de la lutte contre la précarité et de l'insertion des publics fragiles. En trois mois, près de 2,5 tonnes de dons ont déjà été collectées.
Par P. Polanco · 08/10/2026

Né dans l'Hexagone en 1949, le mouvement Emmaüs pose désormais ses valises en Guyane. L'idée d'une boutique solidaire dans le département mijotait depuis trois ans. Depuis six mois, bénévoles et salariés s'affairent à la collecte, au tri et à la préparation de l'ouverture. Si le projet a pris du temps, c'est qu'il a été pensé avec les acteurs locaux, explique Angelina Azanza, chargée de mission opérationnelle :
« L'idée, c'était de s'allier avec des acteurs du territoire qui font déjà du réemploi, des actions de solidarité, et de monter un projet global avec eux. C'est pour ça que ça a pris un peu de temps. Et là, ça y est, on y est. »
Un tiers-lieu ouvert à tous
Le local de Novapark fonctionne comme un tiers-lieu : on peut y déposer des dons de linge, de textile, de chaussures et de livres, qui sont ensuite triés, reconditionnés et revendus dans la boutique. On peut aussi y donner un coup de main. « Nous accueillons des personnes qui peuvent aider, des bénévoles, pour aussi les réorienter vers l'insertion et l'emploi », détaille Angelina Azanza. Aucune condition n'est exigée pour franchir la porte :
« La boutique est ouverte à tous, il n'y a pas de critères d'accès. Le mouvement Emmaüs, c'est l'accueil inconditionnel, donc tout le monde est bienvenu. »

Une robe à 2 euros, un costume à 10 euros
Les prix pratiqués sont les mêmes que dans les boutiques Emmaüs de l'Hexagone. « On peut avoir des robes pour femmes à 2 euros, 4 euros, un costume pour homme à 10 euros, et des t-shirts à 1 euro, 2 euros », illustre la chargée de mission.
Les recettes servent d'abord à faire tourner la structure : « L'argent va nous servir à payer nos charges, la location du local, l'électricité, l'eau, Internet. Ensuite, il va nous aider à accueillir de plus en plus de monde. » Le reste est réinjecté dans le projet d'insertion des publics fragiles. Sans prétendre régler à elle seule la précarité, l'association veut y contribuer :
« On est là pour apporter notre pierre à l'édifice, pour avoir un peu l'action du petit colibri sur la précarité », résume Angelina Azanza.
Emmaüs 973 compte aussi aller à la rencontre des habitants hors de Cayenne. « On va faire des marchés itinérants sur les communes de Guyane avec nos partenaires du réemploi, comme Guyaclic ou La Fabrique du Dégras, qui sont déjà dans l'économie circulaire. On viendra vers la population avec notre projet. »
Avec près de 53% de la population en Guyane vivant sous le seuil de pauvreté, ce type d’initiative peut trouver un bel accueil. Et la solidarité guyanaise, elle, s'est déjà mise en marche : en trois mois, près de 2,5 tonnes de dons ont été collectées.





