Cinéma

« Entre 2 rives » : une histoire de famille entre l’intérieur et le littoral

Le documentaire de la réalisatrice guyanaise Chloé Bebronne a été présenté en avant-première mercredi soir à l’Eldorado, à Cayenne. Pendant 90 minutes, Entre 2 rives suit la famille Cachine, partagée entre le Maroni, l’Oyapock et le littoral. Un film intime qui raconte les difficultés de vivre et de se retrouver entre ces différents territoires.

Par Etienne Cornec · 18/09/2026

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Après des projections à Camopi et Antecume Pata, où le film a principalement été tourné, Entre 2 rives a été présenté pour la première fois sur le littoral, devant une centaine de spectateurs.

Le documentaire raconte l’histoire de Jean-Marc, Wayana originaire de Camopi, et de Kulilu, une Teko d’Antecume Pata. Leurs enfants, Tim et Waté, vivent et étudient aujourd’hui à Cayenne.

Le projet est né d’une rencontre entre Jean-Marc et Chloé Bebronne au Parc amazonien, il y a une quinzaine d’années.

Un film qui touche le public

À la sortie de la projection, les spectateurs ont salué un documentaire à la fois intime et réaliste.

« C’est un film extraordinaire. Je ne m’attendais pas à ça. C’est certes très intimiste, mais la famille a accepté de se livrer, de dire les difficultés qu’elle rencontre. À certains moments, c’est très poignant », témoigne Harry.

Sabrina, qui s’est rendue récemment à Camopi, a également été touchée par les images et les thématiques abordées.

« Les images m’ont beaucoup parlé. Le mal-être a été exprimé avec beaucoup d’émotion. On réfléchit beaucoup à cette Guyane de l’intérieur et à ses problématiques. »

Des histoires familiales parfois douloureuses

Le film montre aussi des moments plus difficiles, notamment autour des drames familiaux et du mal-être. Mickaël, qui a vécu plusieurs années à Maripasoula, fait le rapprochement avec des familles autochtones qu’il connaît.

« J’ai trouvé ça fort, la lourdeur des histoires familiales qu’ils ont vécues. C’est surtout ça que j’ai trouvé très lourd et tragique. […] À la fin, je me suis dit : là, je voudrais juste être avec ma famille. »

Pour Étienne, le documentaire dépasse les différences de communautés :

« C’est un film qui m’a inspiré, parce que ce sont des choses qui se passent réellement dans notre vie ici, qu’on soit créole, amérindien, quelle que soit notre communauté ou notre origine. »

« Ce n’est pas juste un film »

Très émue à l’issue de la projection, Chloé Bebronne a évoqué 13 années de réflexion et trois années de travail pour donner vie à ce projet alliant passion du cinéma, engagement sur des faits de société et amitié avec les protagonistes : 

« Je suis très fière d’avoir enfin présenté au public ce rêve de treize ans et ce travail de trois ans. On a sué, on s’est posé des questions, on a eu peur d’échouer. Et puis là, on a une salle remplie qui vit les mêmes émotions que moi quand je regarde mon film. »

La réalisatrice explique avoir passé beaucoup de temps auprès de la famille Cachine et avoir développé avec elle une relation qui dépasse le cadre du tournage.

« C’est devenu ma famille, je suis devenue leur famille. Ce n’est pas juste un film aujourd’hui. On a construit quelque chose qui va bien au-delà du film. »

Un regard « de l’intérieur »

La réalisatrice Guyanaise souhaitait également proposer un autre regard sur le territoire et particulièrement sur les populations autochtones trop souvent stéréotypés : 

« Ayant grandi en Guyane, j’ai très souvent eu l’impression d’avoir une majorité de films de gens de l’extérieur qui parlent de nous sans vraiment nous connaître, avec une vision très stéréotypée de notre territoire. Il était essentiel pour moi d’avoir un point de vue de l’intérieur. »

Le film est aussi présenté comme un espace permettant à la famille de raconter elle-même les difficultés auxquelles elle est confrontée. « Ils ont accepté de faire ça, c’est parce qu’ils avaient envie de dire leur point de vue sur les difficultés qu’ils vivent. », explique Chloé Bebronne. 

Après cette avant-première à Cayenne, « Entre 2 rives » produit par Kanopé films et Sanosi production sera projeté le 9 octobre au FIFAC, à Saint-Laurent-du-Maroni.

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