Guadeloupe : le collectif Nou Las Palé bloque les routes
La Guadeloupe s'est réveillée ce mercredi 14 octobre sous les barrages. À l'appel du collectif Nou Las Palé, plusieurs axes ont été bloqués, à commencer par les accès à la zone industrielle de Jarry, à Baie-Mahault.
Par Radio Télé Péyi et RCI Guadeloupe · 14/10/2026

Dès l'aube, camions, semi-remorques, gravats et tuf ont été disposés sur les voies pour fermer les différentes entrées de Jarry, poumon économique de l'archipel. Vêtus de leurs tee-shirts « Nou Las Palé », les membres du collectif affichaient leur détermination, tandis que la circulation se densifiait à l'heure de pointe. Quelques automobilistes parvenaient à contourner les barrages.
Des blocages ont également été signalés à Sainte-Anne, Capesterre-Belle-Eau et Sainte-Rose. Selon Trafikera, la situation s'améliorait toutefois en cours de matinée sur ces axes, avec des barrages levés ou en cours de dégagement.

Carburants, eau, emplois
Prix des carburants, accès à l'eau, survie des entreprises : le collectif, qui avait prévenu qu'il durcirait le ton, estime n'avoir plus le choix. « On en a marre, on est obligé », affirment ses membres à nos partenaires de RCI Guadeloupe
“Aujourd'hui, le mot d'ordre c'est que on en a marre et, des fois, on est obligé, c'est la manière forte, donc on n'arrête et on ne discute plus, c'est clair. On ne parle plus. Les revendications, tout le monde les connaît ; tout le monde le voit tous les jours, l'essence et consorts, on ne discute plus. Tout le monde était au courant, c'est clair.”
Les revendications du collectif sont connues depuis le grand meeting organisé le 1er octobre sur le parking du vélodrome de Gourdeliane, à Baie-Mahault. Dans une lettre ouverte aux responsables publics, Nou Las Palé réclame d'abord un retour aux prix des carburants de 2023, avec un gazole à 1,70 euro et un sans-plomb à 1,85 euro, alors que les tarifs ont fortement augmenté au 1er octobre.

Sur l'eau, le collectif exige « une obligation de résultat » : une eau de qualité, en quantité suffisante et disponible en continu, ainsi qu'un assainissement digne de ce nom. Il demande enfin l'ouverture immédiate d'une concertation sur les procédures de liquidation qui frappent les entreprises guadeloupéennes, pour préserver les emplois.
Le collectif avait donné huit jours aux élus pour organiser une réunion de travail, et prévenu qu'il durcirait sa mobilisation faute de réponse. Ses membres estiment aujourd'hui que les revendications sont connues de tous et qu'il est temps de passer à l'action.
Un dialogue amorcé, mais insuffisant
Les échanges avaient pourtant commencé. Il y a une semaine, le président du conseil départemental, Guy Losbar, avait reçu des membres du collectif pour évoquer la hausse des carburants, la baisse du pouvoir d'achat et la situation des entreprises. Il avait proposé la création d'une table ronde réunissant tous les acteurs concernés.
Une proposition qui n'a visiblement pas suffi à apaiser la colère. Lors du meeting du 1er octobre, l'un des membres du collectif écartait encore toute idée de blocage et privilégiait le dialogue avec les autorités. Deux semaines plus tard, Nou Las Palé est donc passé à l'action.





