Sport

Handball : la Fédération française au chevet des clubs guyanais

Aider les clubs de handball guyanais en difficulté : c'était l'objectif de la visite de Marie-Albert Dufait, vice-président de la Fédération française de handball chargé du service aux clubs. Pendant plusieurs jours, il est allé à la rencontre des clubs de Saint-Laurent-du-Maroni, Kourou, Macouria et de l'île de Cayenne, dont certains peinent à recruter joueurs, salariés et bénévoles.

Par Franck Mathurin · 14/10/2026

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« On vient pour écouter »

Nous avons rencontré Marie-Albert Dufait à Saint-Laurent-du-Maroni où le club principal est le COSMA. Les autres se situent à Kourou, avec le Geldar, à Macouria et sur l'île de Cayenne. Avec chacun des clubs en Guyane, le dirigeant fédéral a voulu partir des besoins du terrain. « Notre regard est simple : on vient pour écouter. Apporter des solutions toutes faites, ça n'a jamais marché », explique Marie-Albert Dufait.

L'idée : trouver des pistes de travail avec les outils de la fédération, et éviter que cette visite reste « un one shot ». Avec le coprésident d'un club, un nouveau point d'étape est déjà fixé : 

« On s'est redonné une deadline en janvier, pour faire une visio et voir où il en est sur les différentes pistes. »

Parmi elles, le recrutement d'un service civique pour prendre en charge l'organisation, ou encore la recherche d'une personne dédiée à la « performance sociale » plutôt que sportive, pour accompagner les bénévoles et les responsables et améliorer le fonctionnement du club.

« Plein de bonne volonté devant nous »

Ce n'est pas la motivation qui manque, assure le vice-président de la FFHB. Il en veut pour preuve un échange avec un jeune dirigeant : 

« On a des gens de bonne volonté, plein de bonne volonté devant nous. C'est un point positif, parce que tout part de là. Vous pouvez amener des masses d'argent, des masses de techniques, si les gens n'ont pas la volonté d'avancer… Tout de suite, il s'est dit : j'ai trois choses à faire, on voit ça en janvier. Là, il y a la volonté. Et notre match, on va le réussir ensemble. »

Certaines rencontres ont révélé la fragilité des structures. « Dans le premier club, il y avait une personne, qui faisait son entraînement. Il fallait qu'on travaille avec lui. Après, sa trésorière est arrivée, on a refait un bilan ensemble », raconte-t-il.

La trésorière a vite compris qu'un service civique pourrait les aider à s'organiser : « Déjà là, on avance d'un pas. » Pour la suite, il souhaite que la fédération ne vienne plus « tous les 4, 5, 10 ans », mais régulièrement, au plus près des clubs.

La performance sociale avant la performance sportive

« Faire que les clubs aillent mieux, c'est notre volonté. Ce n'est pas un vœu pieux, il faut absolument qu'on y arrive », insiste Marie-Albert Dufait. L'enjeu : que les bénévoles, nombreux, et les quelques salariés trouvent du plaisir à faire vivre une structure « qui est sportive mais aussi sociale ».

La fédération mise sur la performance sociale, convaincue qu'un club structuré et dynamique finira aussi par briller sur le terrain. « Ceux qui développeront vraiment la chose ici, ce sont les dirigeants d'ici. Nous, on est là pour les aider. »

Des actions simples, sans forcément de moyens, peuvent ensuite servir à monter des dossiers de subvention et à convaincre les décideurs : 

« Quand le club fait des choses dans un quartier, sort ces jeunes, les a à l'entraînement et travaille sur des valeurs, ce travail là a une monnaie. Ce n'est pas du sonnant et trébuchant, mais ça a une vraie valeur. Et nous, on défend ça. », conclut-il. 

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