Hydrocarbures : « Il y a du pétrole en Guyane », martèle Jean-Victor Castor
Une fiole de pétrole et des documents posés sur la table en guise d'argument : le député de Guyane Jean-Victor Castor (GDR) a fait le point sur ses travaux consacrés aux hydrocarbures. Après des déplacements au Brésil et au Guyana et des rencontres avec des experts de la région, il confirme la présence de pétrole au large des côtes guyanaises. Il dénonce le manque de transparence de l'État et annonce le dépôt d'une nouvelle proposition de loi pour relancer l'exploration.
Par La rédaction PÉYI · 22/10/2026

Le député n'a pas digéré le rejet, par l'Assemblée nationale, de la proposition de loi du sénateur Georges Patient visant à abroger, pour la Guyane, la loi Hulot. Adopté en 2017, ce texte programme la fin de la recherche et de l'exploitation des hydrocarbures en France hexagonale et dans les Outre-mer au nom de la lutte contre le changement climatique en limitant l’utilisation d’hydrocarbure, et interdit donc de nouveaux permis d'exploration.
Concernant la proposition de loi du sénateur Patient, « ce texte a été rejeté à neuf voix près à l'Assemblée nationale », rappelle Jean-Victor Castor. Il pointe la responsabilité des groupes politiques, de gauche comme de droite, dont certains s'étaient dits favorables lors des débats mais n'étaient pas présents au moment du vote. Une attitude qu'il juge sévèrement :
« Ils ont tous la même conception des rapports entre la France et la Guyane, c'est-à-dire nous maintenir dans une dépendance, qu'ils soient de droite ou de gauche. »
Des résultats d'exploration conservés à Paris
Rapporteur à l'Assemblée sur les hydrocarbures en Outre-mer, Jean-Victor Castor a auditionné la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC). Il en retient un manque de transparence. Selon lui, la DGEC a confirmé que les compagnies titulaires de permis de recherche sont tenues de lui remettre l'ensemble des données brutes de leurs prospections :
« Il n'est pas normal que les institutions de Guyane ne soient pas informées de tous les éléments, des résultats de la prospection. Ils ont donc tous les résultats de toutes les prospections. Comment se fait-il que les collectivités locales, notamment la collectivité majeure, la CTG, n'aient pas ces éléments ? »
Le député s'appuie aussi sur ses déplacements chez les pays voisins, bien plus avancés dans leurs projets pétroliers comme au Guyana et au Brésil :
« Je suis député, je ne suis pas expert en la matière, mais toutes mes rencontres au Brésil et au Guyana auprès de spécialistes confirment la présence d'hydrocarbures chez nous. »

Jean-Victor Castor s'inquiète notamment des techniques de forage horizontal développées au Brésil : « Je vous laisse imaginer ce qui pourrait se passer pour un forage à quelques kilomètres de notre zone maritime. »
Autonomie ou nouvelle bataille législative ?
Pour débloquer la situation, Jean-Victor Castor avance deux solutions. La première, « la plus sérieuse et la plus avant-gardiste » selon lui : avancer sur l'autonomie de la Guyane, qui permettrait de ne plus être soumis à la loi Hulot. Il rapporte qu'Emmanuel Macron, lors d'une rencontre avec les élus guyanais, leur aurait confié :
« Vous m'enlèveriez une épine du pied si vous étiez autonomes. », selon le chef de l'Etat.
La seconde : repartir à la bataille législative, au risque de se heurter aux mêmes obstacles, « des personnes qui refusent de voter, ou des personnes qui disent qu'elles sont pour et qui finalement ne se présentent pas le jour du vote ». Le député annonce officiellement :
« Il y aura une proposition de loi qui sera à nouveau présentée. Le texte est prêt. »
Il entend en discuter avec les nouveaux sénateurs guyanais, Rodolphe Alexandre et Ryan Persaud, ainsi qu'avec le député Davy Rimane, pour déterminer le véhicule législatif le plus adapté.





