Culture

La Grande Dictée fait étape en Guyane

Essayer de ne pas faire de fautes : c'est le défi lancé aux participants de la 3e édition de la Grande Dictée, organisée par la CTG et l'association Culture Outre-mer à travers la Guyane. Après une première étape à Saint-Laurent-du-Maroni mercredi, puis à Kourou hier, avec Saint-Georges et Maripasoula connectés à distance, l'événement se conclura demain à la Collectivité territoriale, à Cayenne.

Par La rédaction PÉYI · 23/10/2026

© ctg
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« J'avais prévu cinq, six fautes… j'en ai fait sept »

Dans la capitale de l'Ouest, petits et grands étaient invités à jouer avec les mots dans une ambiance conviviale. À la sortie, chacun fait ses comptes. « J'ai trouvé le texte accessible, à l'exception de quelques mots un peu compliqués à orthographier », confie une participante, venue à l'invitation de sa fille, professeure de lettres. Résultat : cinq fautes, « sur les mots très compliqués que je ne connaissais pas. Sinon les accords, je n'ai pas fait de fautes ».

D'autres ont été moins chanceux. « J'avais prévu cinq, six fautes. Finalement, j'en ai fait sept. Mais je suis quand même contente de moi », sourit une autre. Une participante salue la qualité de la lecture : « La personne qui a lu la dictée a très bien articulé et a bien insisté sur les ponctuations. C'était enrichissant, je pense revenir l'année prochaine pour m'améliorer. »

Un texte guyanais… et piégeux


Le texte proposé était en lien avec la Guyane, explique Rachid Santaki, créateur et organisateur de la Grande Dictée. « L'origine du texte a été imaginée par des artistes guyanais. Nous avons discuté avec une dizaine d'artistes, chanteurs, écrivains, poètes », raconte-t-il. Le récit met en scène une voix qui arrive à Saint-Laurent et s'adresse à la jeunesse : « L'un des enjeux de Saint-Laurent, c'est qu'il y a énormément de jeunes. L'idée, c'est la transmission. »

Mais l'exercice n'avait rien d'une promenade. « Le texte était piégeux : il y avait des COI, des COD, et des mots comme “apotropaïque”, que nous n'utilisons pas tous les jours », reconnaît l'organisateur, qui salue le mérite des participants. Pour lui, l'essentiel est ailleurs : « Le cœur même de la dictée, c'est cette séquence d'échanges. Il y a un côté solaire, un rayonnement. C'est un moment chaleureux. »

Une arme contre l'illettrisme

Des élus se sont aussi prêtés au jeu, comme Stéphane James, maire adjoint chargé de la culture à Saint-Laurent. « Ça permet déjà de lutter contre l'illettrisme, qui est un fléau important en Guyane et à Saint-Laurent. Et ça permet de créer des événements familiaux : on a eu des petits, des mamies, ils sont venus en famille », se félicite-t-il.

Son score ? « C'est un secret, j'ai fait plus de quatre fautes. Je ne fais pas partie des meilleurs », avoue-t-il en souriant. Aucun participant n'a réussi le sans-faute : la moyenne tournait autour de trois à quatre fautes, et les deux meilleures participantes en ont fait deux. Pour l'élu, ces rendez-vous rappellent l'importance de l'écrit au quotidien : « Le téléphone portable a fait partir cette habitude que nous avions de rédiger. Maintenant, tout se fait avec un ordinateur, une tablette, un téléphone. »

Dernière étape de la Grande Dictée ce samedi matin, à la Collectivité territoriale, à Cayenne.

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