Politique

La mobilisation lycéenne en Outre-mer s'invitent à l'Assemblée nationale

La colère des lycéens ultramarins est entrée dans l'hémicycle. Lors des questions au gouvernement, les députés Steevy Gustave (Écologiste et social, Essonne) et Jean-Victor Castor (GDR, Guyane) ont dénoncé des conditions d'études structurellement dégradées dans les Outre-mer, aggravées par les coupes budgétaires. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, et le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, leur ont répondu.

Par La rédaction PÉYI · 14/10/2026

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« Nous aussi, on fait partie de la France »

Steevy Gustave a ouvert son intervention par les mots d'une lycéenne de Guyane prononcée sur Radio Télé Péyi : « Nous aussi, on fait partie de la France. » Une phrase qui dit, selon le député, « notre échec ». Il rappelle que les lycéens de Cayenne avaient alerté dès le 7 septembre sur leurs conditions d'études, avant même que le mouvement ne fasse la une dans l'Hexagone. « Faut-il que la crise éclate dans l'Hexagone pour que la souffrance des Outre-mer devienne visible ? », a-t-il lancé.

Les exemples s'accumulent. À Cayenne, des sanitaires insalubres, des cantines trop chères, des bâtiments dont la sécurité inquiète les élèves. À Mayotte, le lycée du Nord accueille 2 300 élèves pour une capacité de 900. En Guadeloupe, des salles surchauffées et mal ventilées. En Martinique, des absences d'enseignants et des journées trop longues. En Polynésie, des jeunes contraints de quitter leur île et leur famille pour poursuivre leurs études.

Jean-Victor Castor est allé plus loin concernant la Guyane : 

« Dans les communes du fleuve, certains élèves dépendent de la pirogue pour rejoindre leur établissement. Sur le littoral aussi, d'autres se lèvent à 4 heures du matin et rentrent à 20 heures. À Camopi, des élèves n'ont pas pu aller en classe pendant plus de deux ans.»

Évoquant les images d'interpellations de mineurs au Moule, en Guadeloupe, Steevy Gustave a condamné les violences tout en défendant la légitimité de la colère : 

« Ce sont des enfants, nos enfants, les enfants de la République. Quand ils réclament un professeur, un repas, de l'eau potable, des toilettes propres, c'est la France qui doit rendre des comptes. Une triple peine : grandir dans les inégalités, étudier dans des conditions qui les aggravent, et parfois quitter son territoire et sa famille pour poursuivre ses études. »

La vétusté du bâti, premier problème cité, le gouvernement promet d'accélérer les rénovations

Ces constats sont confirmés par la plateforme de contributions ouverte par le ministère de l'Éducation nationale. Dans chaque territoire ultramarin, la vétusté des bâtiments arrive en tête des problèmes signalés : elle est citée par 58 % des contributions en Martinique, 53 % en Guyane et 50 % en Guadeloupe, a indiqué Édouard Geffray dans l'hémicycle.

Le ministre de l'Éducation nationale a indiqué que le Premier ministre avait réuni l'ensemble des présidents de région pour prioriser les investissements dans le cadre du projet de loi de finances. Pour Mayotte, où l'État est directement compétent, Édouard Geffray a annoncé l'ouverture du plus grand lycée des métiers du territoire en mars 2027, ainsi que la livraison d'une série d'établissements dans les trois prochaines années.

Naïma Moutchou a, de son côté, réuni la semaine dernière les exécutifs régionaux des territoires ultramarins pour « accélérer, voire débloquer les projets de rénovation du bâti scolaire », La ministre des Outre-mer a répondu aux députés et s’est adressé directement aux élèves :

 « On va regarder territoire par territoire, projet par projet, et notamment en Guyane, là où on peut encore mobiliser des financements pour procéder aux rénovations et aux réhabilitations. Je veux dire aux jeunes Guyanais que nous avons entendu leurs revendications et qu'avec le ministre de l'Éducation nationale, nous sommes au travail. »

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