Maripasoula : le personnel du lycée débraye pour réclamer des moyens
Ce lundi à 8 h, le personnel du lycée polyvalent (LPO) de Maripasoula a débrayé. Manque d'enseignants et de matériel, ateliers inachevés, internat sous-encadré, problèmes de sécurité : les agents interpellent le rectorat et les collectivités. Faute de réponse, ils pourraient se mettre en grève.
Par Etienne Cornec · 05/10/2026

La liste des dysfonctionnements est longue. Selon le personnel, les enseignants et le matériel manquent pour assurer les cours, les incidents ne sont pas suffisamment traités, et la sécurité n'est pas garantie dans les salles. L'objectif du débrayage est de faire remonter tous ces problèmes au rectorat et aux collectivités.
« Le débrayage, c'est pour demander un renforcement humain au niveau de la surveillance, et la sécurisation des locaux : les paliers de l'internat, les salles de cours », explique Hector Othily, professeur au LPO et représentant du syndicat SE-UNSA.
Les agents réclament aussi des emplois du temps fiables, un suivi plus rapide des incidents et de meilleures conditions d'accueil et de travail.

Deux surveillants pour 58 internes
Le point le plus sensible concerne les assistants d'éducation (AED). Ils ne sont que cinq pour les 247 élèves de l'établissement, dont deux seulement pour les 58 internes.
« Les AED sont là pour le suivi. Les élèves n'ont pas le dispositif qu'il faut pour les aider, surtout à l'internat », déplore Hector Othily. Certains internes ne sont pas correctement aidés pour leurs devoirs. « Deux AED pour 58 élèves, ça met en péril leur mission, en termes de sécurité comme d'accompagnement », ajoute-t-il.
Le lycée n'a par ailleurs ni infirmière ni psychologue de l'Éducation nationale.

Des ateliers sous-équipés, un fleuve trop bas
Les conditions de cours ne sont pas réunies, selon le personnel. Les plateaux techniques et les ateliers professionnels ne sont pas terminés et manquent d'équipement. « Dans mon cas, les plateaux techniques ne sont toujours pas opérationnels. C'est un gros problème pour mettre les élèves en pratique et travailler les compétences », témoigne Hector Othily.
Même l'outil numérique fait défaut. « Pronote n'est toujours pas opérationnel, donc forcément, ça nuit fortement à l'apprentissage de nos élèves », regrette l'enseignant.
À Maripasoula, commune isolée du haut Maroni, l'approvisionnement est toujours compliqué. Il l'est encore plus en ce moment, à cause du niveau bas du fleuve, qui retarde les livraisons.
À l'internat, le personnel signale des problèmes de ventilation et de climatisation dans les chambres, la présence de moustiques et un manque d'équipements de loisirs pour les élèves. Le personnel attend des réponses du rectorat et des collectivités sur les moyens humains et la sécurité. S'il n'est pas entendu, il pourrait se mettre en grève.





