Éducation

Mobilisation lycéenne en Guyane : la préfecture appelle au calme, les lycéens attendent des actes

Après une journée de mobilisation marquée par quelques tensions devant plusieurs lycées de Guyane, le préfet et le recteur condamnent les violences et appellent au dialogue. À Paris, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fixé cinq chantiers et promet des décisions avant la fin octobre. Sur le terrain, les élèves restent sceptiques, et le mouvement se poursuit ce mardi.

Par La rédaction PÉYI · 06/10/2026

© Radio Télé Péyi
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Dans un communiqué commun publié ce lundi 5 octobre, le préfet de Guyane et le recteur estiment que les mouvements dans plusieurs lycées ont connu « des développements violents qui ne sont pas acceptables ». S'ils jugent « légitime » l'expression des revendications, ils préviennent que « les violences et les dégradations … ne peuvent être tolérées ».

Les autorités défendent l'action des policiers et gendarmes mobilisés dans la matinée. Elle vise, selon elles, à « garantir le droit de manifester » tout en empêchant les violences et le blocage des établissements. Le préfet et le recteur remercient les forces de sécurité et les sapeurs-pompiers, et annoncent qu'ils resteront mobilisés « si nécessaire ».

Côté dialogue, le recteur a réuni lundi les conseils de vie lycéenne dans les établissements, ainsi que le conseil académique de la vie lycéenne en session extraordinaire, pour recueillir directement les revendications des élèves.

Lundi vers 7 h 50, le préfet Antoine Poussier s'est rendu au lycée Melkior-Garré, à Cayenne, sous présence policière. Les lycéens lui reprochent d'avoir parlé du coût des forces de l'ordre plutôt que de les écouter. « Il faut que le préfet nous entende, au lieu de parler de la police », lançait une élève. 

Une poubelle a été incendiée devant le lycée et un pétard a été lancé. Les forces de l'ordre sont intervenues avec cinq véhicules et ont dispersé la foule. Les cours ont été annulés pour la journée.

Forces de l'ordre et lycéens : la tension monte

En Guyane, la plupart des rassemblements de lundi se sont déroulés sans heurts. Mais au lycée du Larivot, à Matoury, des poubelles ont été incendiées et les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène. Vendredi déjà, à Saint-Laurent-du-Maroni, des heurts avaient conduit à une interpellation, nous indiquait le parquet de Cayenne.

Ce mardi, les lycéens guyanais ont annoncé poursuivre le mouvement, en même temps que la grande journée nationale de mobilisation. À Mana, les enseignants du collège Léo-Othily font grève par solidarité et dénonce leur condition de travail.

Au niveau national, le climat s'est durci. Le ministre Laurent Nuñez juge l'intervention des forces de l'ordre proportionnée dans la quasi-totalité des cas et défend l'usage des LBD face aux violences urbaines. Plusieurs organisations, dont la Ligue des droits de l'Homme et le Syndicat de la magistrature, accusent au contraire le gouvernement de réprimer la jeunesse avec des moyens disproportionnés.

"J'appelle à une manifestation pacifique. L'urgence, c'est la réponse politique, pas la réponse policière", Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, invité de Céline Landreau dans RTL Matin

À Paris, cinq chantiers et une plateforme

Le gouvernement tente d'apporter des réponses. Dimanche, le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé à plusieurs ministres une feuille de route de cinq chantiers : remplacement des professeurs absents, rénovation des lycées, emplois du temps, Parcoursup et des temps de parole aux élèves. Il exige des premières décisions avant la fin du mois, avec leur coût, leur financement et leur calendrier.

Le Premier ministre demande aussi que les cours reprennent partout où la sécurité le permet, et que chaque académie traite en priorité les absences longues et les postes non pourvus. Il réunit ce mardi les présidents de région sur la rénovation des établissements. En Guyane, c'est la CTG qui a la charge des lycées, alors que la collectivité est en deuil après le décès de son président, Gabriel Serville, le 30 septembre dernier. Une délégation d'élèves guyanais sera reçue ce matin par la CTG.

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, pilote ces travaux. Il lance une plateforme en ligne où chaque lycéen pourra exprimer ses difficultés et ses attentes jusqu'au 23 octobre. Les représentants lycéens, reçus vendredi, jugent ces annonces sans mesures concrètes, et les syndicats enseignants dénoncent l'absence de financement.

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