Présidentielle au Brésil : un duel Lula-Bolsonaro et une kyrielle de petits candidats
Ce dimanche 4 octobre, les électeurs brésiliens choisissent leur prochain président. Le sortant Lula et Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, font figure de favoris. Mais ils ne sont pas seuls : treize candidats sont en lice, et le report de leurs voix pourrait peser lourd en cas de second tour.
Par Florian Royer · 03/10/2026

Lula légèrement en tête des sondages, un second tour indécis
Le dernier sondage Datafolha, réalisé du 28 septembre au 1er octobre auprès de 2 506 électeurs pour la Folha de São Paulo et TV Globo, place Lula en tête avec 42 % des intentions de vote, contre 38 % pour Flávio Bolsonaro. En suffrages exprimés, l'écart est de 45 % contre 40 %. Insuffisant pour une victoire dès le premier tour, qui exige la majorité absolue.
En cas de second tour, prévu le 25 octobre, les deux hommes sont au coude-à-coude : 48 % pour Lula, 45 % pour Flávio Bolsonaro. Un écart qui reste dans la marge d'erreur. Le mouvement est net depuis l'été : le fils de l'ancien président a régulièrement grignoté du terrain, sondage après sondage.
Un duel à distance
À 80 ans, Lula brigue un quatrième mandat. Le président sortant a choisi d'éviter les débats télévisés du premier tour. Il l'avait annoncé : « En tant que président de la République, je ne vais pas à un débat pour entendre des bêtises. » Jeudi soir, il a préféré une longue interview au Flow Podcast, l'un des plus suivis du pays, où il s'est montré confiant sur une victoire dès dimanche.
Face à lui, Flávio Bolsonaro, 44 ans, sénateur de Rio de Janeiro. Moins charismatique que son père, il ne bénéficie pas de son soutien public : Jair Bolsonaro, condamné et emprisonné, n'a pas le droit de s'exprimer en public ni sur les réseaux sociaux, l'une des peines décidées par la justice brésilienne. C'est pourtant lui qui avait désigné son fils aîné comme héritier en décembre dernier.
Le dernier grand rendez-vous de la campagne, le débat de TV Globo jeudi soir, a été annulé. Flávio Bolsonaro s'est retiré au dernier moment, dénonçant une « censure » de la justice électorale, qui interdisait à la chaîne de montrer le pupitre vide de Lula. Sur les réseaux sociaux, il a ensuite accusé son adversaire : « Il y a du désespoir dans la campagne de Lula. »
Onze autres candidats dans l'ombre
Le poids médiatique des deux favoris fait oublier qu'ils ne sont pas deux, mais treize sur la ligne de départ. Parmi eux, des entrepreneurs, un vétérinaire, une dentiste, un professeur. On y trouve notamment le gouverneur Ronaldo Caiado (PSD), l'ancien gouverneur du Minas Gerais Romeu Zema (Novo), Renan Santos (Missão) ou l'écrivain Augusto Cury (Avante). Aucun ne dépasse les 5 à 6 % dans les sondages de fin septembre.
Leurs chances de l'emporter sont minces, voire inexistantes. Mais la répartition des voix au premier tour, puis leurs consignes de vote, pourraient faire la différence au second. Flávio Bolsonaro l'a bien compris et multiplie les appels au « vote utile » auprès des électeurs de droite.
Le profil des candidats est révélateur : onze hommes pour deux femmes, et six d'entre eux ont plus de 60 ans. Presque tous viennent des grands centres urbains, São Paulo et Rio de Janeiro. Quelques-uns sont originaires du Centre et du Nordeste, mais aucun ne vient du Nord ni des États amazoniens. Sur l'échiquier politique, trois candidats, dont Flávio Bolsonaro, se situent à l'extrême droite.
Bien plus qu'une présidentielle
Dimanche, les Brésiliens ne voteront pas seulement pour leur président. Ils devront aussi désigner leurs députés fédéraux, renouveler une partie du Sénat, élire les gouverneurs et les assemblées législatives de chacun des États. Dans l'Amapá voisin comme dans le reste du pays, ces scrutins locaux détermineront aussi la capacité du futur président à gouverner.
En Guyane, les ressortissants brésiliens aussi appelés aux urnes
En Guyane, 3 127 électeurs de nationalité brésilienne sont appelés à voter ce dimanche pour le premier tour de la présidentielle, un peu moins qu'en 2022. Le bureau de vote sera installé à Cayenne, à l'hôtel Mercure Royal Amazonia, de 8 heures à 17 heures. Le second tour, le dimanche 25 octobre, se tiendra au même endroit. Au Brésil, le vote est électronique et obligatoire, sous peine d'amende.





