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Sécheresse : le plan ORSEC déclenché pour assurer le ravitaillement des communes isolées

Face à la baisse des niveaux des cours d’eau et à l’interruption du trafic fluvial, le préfet de Guyane, Antoine Poussier, a déclenché le plan ORSEC Sécheresse le 22 octobre, en concertation avec la Collectivité territoriale de Guyane (CTG). L’État et la collectivité organisent une réponse d’urgence pour maintenir l’approvisionnement des communes du Maroni et de l’Oyapock, garantir l’accès à l’eau potable et préserver le transport scolaire.

Par La rédaction PÉYI · 23/10/2026

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Le déficit pluviométrique observé ces derniers mois entraîne une baisse importante du niveau des fleuves en Guyane. Une situation qui perturbe la navigation et compromet le ravitaillement des communes isolées, notamment sur le Maroni et l’Oyapock.

Pour faire face à cette crise, la préfecture a mis en place un dispositif de coordination quotidien réunissant les services de l’État, la CTG et les maires des communes concernées ainsi que la SGDE et EDF. L’objectif est de mobiliser et de répartir les moyens disponibles en fonction des besoins les plus urgents : approvisionnement en marchandises, accès à l’eau potable, continuité de l’alimentation électrique et déplacements scolaires.

« Il permet à la fois de coordonner et de prioriser l'ensemble des moyens de l'État, mais aussi de la Collectivité territoriale de Guyane, en coordination avec les maires concernés », explique le préfet Antoine Poussier.

Le fret aérien mobilisé pour compenser l'arrêt du trafic fluvial

Avec la fermeture de cette voie de transport essentielle, le ravitaillement des communes doit désormais s'adapter. Les deux compagnies aériennes civiles, Guyane Express Fly et Vanair, sont mobilisées pour acheminer les marchandises. Les forces armées en Guyane apporteront également leur concours avec leurs trois avions Casa, capables de transporter du fret et des passagers. Des moyens héliportés pourront aussi être sollicités en fonction des besoins.

Les autorités sont en lien direct avec les maires des communes du Maroni et de l’Oyapock afin d’identifier les priorités et de répondre aux demandes de ravitaillement.

À Maripasoula, un besoin en carburant pour les services municipaux a notamment été signalé et pris en compte dès la première réunion du centre opérationnel.

A Camopi, l'entreprise ABG assure le ravitaillement de la centrale EDF. Toutes les semaines, deux pirogues chargées de 15 fûts de gasoil chacune font le trajet Saut Maripa - Camopi. En fonction de la saison et du niveau d'eau, elles ne peuvent pas embarquer le même nombre de fûts. Elles sont donc contraintes de faire deux voyages par semaine en saison sèche.

Le transport scolaire sous surveillance

Autre enjeu majeur : permettre aux élèves de rejoindre leurs établissements malgré la baisse du niveau des fleuves. Les conditions de navigation rendent certains trajets plus difficiles, notamment depuis les écarts isolés.

Les transporteurs adaptent progressivement leurs moyens, en privilégiant des pirogues plus petites et en prévoyant des accompagnateurs pour faciliter la descente des enfants lorsque cela est nécessaire.

« On espère maintenir le plus longtemps possible le transport scolaire depuis les écarts vers les écoles », indique le préfet.

La CTG prévoit également d'assurer la continuité du transport des élèves et des enseignants, tout en organisant l'approvisionnement des cantines scolaires pour permettre aux établissements de continuer à fonctionner.

La CTG annonce des aides pour le fret et les entreprises

La Collectivité territoriale de Guyane entend également limiter les conséquences économiques de la crise, en particulier pour les habitants et les commerçants des communes isolées.

Son président par intérim, Jean-Paul Fereira, annonce un dispositif de soutien au transport des marchandises sur le Maroni et l’Oyapock. Le fret doit notamment être proposé à un tarif de 50 centimes par kilo, dans la limite de 40 kilos par personne et par mois. Des conditions avantageuses sont également prévues pour les commerçants qui s'engageront à pratiquer des prix raisonnables à la revente.

Les entreprises confrontées à des difficultés durant cette période pourront, quant à elles, solliciter un prêt à taux zéro auprès d'Alyse Guyane, selon les modalités du dispositif annoncé.

« Nous y prenons toute notre part, bien évidemment, notamment sur la continuité de l'approvisionnement en fret dans les zones concernées, sur le Maroni et sur l’Oyapock », souligne Jean-Paul Fereira.

Une vigilance renforcée pour les prochaines semaines


Si les autorités s'organisent pour répondre aux besoins immédiats, l'évolution de la situation suscite des inquiétudes. La sécheresse pourrait compliquer davantage les déplacements et l'approvisionnement au cours des prochaines semaines.

Le président de la CTG par intérim évoque notamment l'influence possible du phénomène climatique El Niño sur l'intensité de cet épisode.

« Il nous faudra certainement être extrêmement vigilants sur les deux mois et demi qui sont devant nous », prévient Jean-Paul Fereira.

Le plan ORSEC Sécheresse doit ainsi permettre d'adapter quotidiennement la réponse des pouvoirs publics à l'évolution des niveaux des fleuves et aux besoins des populations. L'enjeu est de maintenir les services essentiels et d'éviter que les communes les plus isolées ne se retrouvent privées de produits de première nécessité.

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