Sénat : les deux nouveaux sénateurs guyanais trouvent leurs marques
Élus le 27 septembre, Rodolphe Alexandre et Ryan Persaud ont succédé à Georges Patient et Marie-Laure Phinéra-Horth au Palais du Luxembourg. Pour l'un comme pour l'autre, il s'agit d'un premier mandat national. Les deux sénateurs guyanais siègent pour six ans au sein du groupe RDPI (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants), proche de la majorité présidentielle et qui rassemble de nombreux ultramarins. Trois semaines après leur élection, ils ont déjà pris leurs marques.
Par La rédaction PÉYI · 17/10/2026

Rodolphe Alexandre, un retour chargé d'émotion
À 73 ans, l'ancien maire de Cayenne, ex-président de Région puis de la CTG, connaît déjà bien les lieux. « Le Palais du Luxembourg, je l'ai déjà pratiqué, puisqu'en tant que président de Région puis de la Collectivité territoriale, j'ai toujours travaillé avec Georges Patient. Nos rencontres se faisaient régulièrement », explique-t-il. Mais y siéger a une saveur particulière :
« Lorsque vous faites vos premiers pas comme sénateur, il y a toute une atmosphère à la fois respectueuse, disciplinée, attachante. C'est beaucoup d'émotions. »
L'historien a en effet fréquenté le Sénat bien avant : « J'ai travaillé dans ses archives, puisque ma thèse portait sur Gaston Monnerville, le président du Sénat. » Clin d'œil supplémentaire, il occupe aujourd'hui le bureau de son prédécesseur Georges Patient.
Son intégration s'est faite naturellement. « Je suis venu pour travailler, pour apporter un plus à mon territoire. Je n'ai raté pour l'instant aucune commission. Je discute avec tous les présidents de groupe », assure-t-il, citant des liens avec des sénateurs de La Réunion, de Martinique et de Guadeloupe. Membre de la commission des finances, il a été élu vice-président de la commission des affaires européennes.

Dotations et orpaillage illégal : ses premiers combats
Rodolphe Alexandre s'est déjà mis au travail. Auprès de la ministre et du ministre de l'Économie qu'il a rencontrés, il défend les finances des collectivités guyanaises : à défaut d'augmenter les dotations, il veut au moins « freiner sur la réduction, le coup de sabot qui est apporté au niveau des collectivités locales ».
Autre dossier prioritaire : l'exploitation minière. Le sénateur travaille sur la possible venue d'une mission en Guyane au mois de mars, pour mettre en lumière les pertes de capitaux et de revenus que l'exploitation illégale fait subir aux communes :
« Favoriser l'installation d'entrepreneurs locaux, avoir une retombée plus importante pour les collectivités, endiguer la mine illégale qui mercurise nos fleuves, nos rivières, qui tue progressivement les populations autochtones. C'est vraiment un changement de regard », plaide-t-il.
Ryan Persaud, benjamin du Sénat et nouvelle voix des Outre-mer
À 32 ans, le conseiller municipal de Mana est le plus jeune sénateur élu en septembre. Une particularité qui l'a immédiatement placé sous les projecteurs raconte-t-il :
« Tout de suite on est mis dans le bain, tout de suite on est mis à la tribune. Marcher aux côtés du président doyen qui fait l'installation, participer à l'appel des sénateurs… C'est un ensemble de choses que l'on voit à la télé et dont on est maintenant pleinement acteurs »,

Après avoir discuté avec trois groupes, il a choisi le RDPI pour sa forte présence ultramarine : « Nous sommes sept ultramarins, plus une sénatrice des Français de l'étranger. Malgré les disparités de nos territoires, nous avons des sujets communs : la vie chère, le désenclavement, la continuité territoriale. » Il rappelle les difficultés des Outre-mer « à s'imposer au niveau national, du fait de notre faible représentation en nombre ».
Il obtient ses deux vœux : les commissions des affaires économiques et des affaires européennes. « Ce n'était pas chose aisée : il y avait plus de sénateurs que de chaises disponibles aux affaires économiques », sourit celui qui est issu du monde de la pêche et entend faire entendre la voix de la Guyane sur la pêche illégale. Il regrette toutefois que les ultramarins ne soient que deux sur 51 dans cette commission : « La responsabilité sera encore plus lourde pour nous. »





