Justice

Séquestrées, ligotées, dépouillées : les victimes face à une dizaine d'accusés aux Assises

Le procès d'une dizaine d'accusés s'est ouvert ce mardi 6 octobre devant la cour d'assises de Guyane. En 2022 et 2023, ils sont soupçonnés d'avoir séquestré, ligoté et dépouillé plusieurs personnes à Cayenne et dans ses environs. La première journée d'audience a été consacrée aux témoignages des victimes.

Par Florian Royer · 06/10/2026

© Radio Télé Péyi
Partager

Vols en bande organisée, enlèvement, séquestration… Les chefs d'accusation sont nombreux. Pendant plusieurs mois, en 2022 et 2023, cette bande armée a agit particulièrement dans l’agglomération cayennaise. Le scénario se répétait : les malfaiteurs faisaient irruption sur les lieux, ligotaient les occupants, puis les dépouillaient. Certains accusés comparaissent détenus, d'autres sont identifiés et toujours recherchés.

Un pistolet sur la tempe

Hier, mardi, la cour a commencé à entendre les victimes. Vu le nombre de parties civiles, il faudra plusieurs jours pour toutes les auditionner. Le procès pourrait durer 10 jours. 

Parmi elles, un père de famille, chef d'entreprise à Macouria. En 2022, il venait chercher sa fille chez son épouse, chemin Saint-Antoine à Cayenne, quand plusieurs hommes cagoulés l'ont agressé. À l'intérieur de la maison, sa femme et sa fille étaient déjà molestées et ligotées par la bande. À la barre, il désigne ses agresseurs présumés : certains sont dans le box, d'autres sont en fuite.

La mère de famille témoigne en visioconférence depuis le Brésil, son pays d'origine. Elle est aujourd'hui séparée et reste traumatisée. En sanglots, elle raconte qu'un des malfaiteurs lui a posé un pistolet sur la tempe pendant que les autres cherchaient de quoi voler. Invitée à désigner les accusés, elle demande s'ils peuvent la voir. Le président lui répond que “oui : elle voit la salle, et les accusés la voient aussi”. Elle semble surprise et, finalement, ne reconnaît personne.

Un box plein, une salle presque vide

Les accusés sont si nombreux que le box peut à peine tous les accueillir. Face à eux, une armée d'avocats, en défense comme en partie civile. Le public, lui, est clairsemé. Certaines victimes n'ont pas voulu témoigner par peur des représailles. D'autres, plus effrayées encore, n'ont jamais porté plainte et ont renoncé à toute indemnisation.

« Une première victoire », témoigne une victime

Une victime, un homme qui a tenu à suivre le procès et souhaite garder l'anonymat. En juin 2022, il vivait à Macouria quand plusieurs malfaiteurs se sont introduits chez lui, l'ont ligoté et l'ont cambriolé. Il a depuis quitté la Guyane. Pour lui, se retrouver face à ses agresseurs compte beaucoup : 

« Une victoire, on va dire une première victoire, du fait de les voir en personne, parce que quand ils m'ont braqué, ils étaient cagoulés bien sûr. Donc quelque part je suis ravi de me confronter aujourd'hui à eux par un regard. »

Il attend désormais le verdict et une réparation : 

« Je tiens à suivre le procès particulièrement pour entendre au final la sentence que les accusés vont recevoir, et aussi, après avoir subi un préjudice matériel et moral, je vais être dédommagé. »

Les séquelles restent lourdes : 

« J'ai laissé la Guyane, et psychologiquement j'ai bien sûr des contrecoups, des conséquences, que je soigne d'ailleurs, parce que je vais voir un psychologue régulièrement. Après un événement aussi terrible, il y a forcément des difficultés à s'en remettre. »

Le procès se poursuit ce mercredi avec l'audition d'autres parties civiles.

Dernières actualités

Radio Péyi
En direct
Grille des programmes