Agriculture

Un livre blanc pour repenser l'agriculture

Après plusieurs mois de recherches, la Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde (FARM) a présenté, lors du Salon régional de l'agriculture (SAREGA) à Matiti, un livre blanc consacré aux agricultures du plateau des Guyanes. Intitulé « Les agricultures guyanaises au défi de la souveraineté alimentaire », il dresse un diagnostic des forces et des faiblesses du secteur en Guyane, au Suriname et dans l'État brésilien de l'Amapá, et lance un appel à la coopération.

Par Gaël Ho-A-Sim · 19/10/2026

Partager

Un document pour tous les acteurs de la filière


Ce livre blanc doit offrir des pistes et des orientations aux professionnels, en phase avec la réalité de leurs territoires. « C'est une première étape dans le cadre de ce programme, et il s'adresse à tous les acteurs de l'agriculture du plateau des Guyanes : les agriculteurs, bien entendu, mais aussi les entreprises, les décideurs publics et privés, les institutionnels, les bailleurs, les financiers », détaille Juliette Leclaire, directrice générale de la fondation FARM.

Elle invite particulièrement les nombreux étudiants présents au salon à s'en emparer : « Il y a beaucoup de choses qu'ils connaissent, mais ils en apprendront sans doute aussi sur d'autres parties du plateau des Guyanes. » Le document se veut résolument positif : « Il fait le constat de toute la richesse de ce territoire. C'est assez encourageant pour des jeunes qui veulent s'installer en agriculture. »

« La Guyane a besoin de revisiter son modèle agricole »

Pour Chantal Berthelot, présidente de la SAFER Guyane, ce livre blanc est d'abord un diagnostic. « Les forces et les faiblesses sont à chacun », résume-t-elle. La suite se jouera dès janvier, avec des ateliers de travail et d'action : 

« Nous, acteurs de l'agriculture guyanaise, allons devoir écrire ce qu'on veut et comment on voit les choses, avec les différents partenaires, le Suriname, le Brésil, pour vraiment construire ensemble. On ne peut pas nier que la Guyane a besoin de revisiter son modèle agricole. On doit nous-mêmes remettre en place un modèle qui répond à l'agriculture guyanaise, avec sa diversification et sa réalité. »

Mettre les forces en commun

Guyane, Suriname et Amapá au Brésil partagent le même climat et le même environnement, rappelle Chantal Berthelot. Elle cite l'exemple de l'agroforesterie et de l'agroécologie, pratiquées chez les voisins : 

« On est géographiquement liés. Maintenant, on a chacun nos forces et nos faiblesses dans nos agricultures. Comment, ensemble, on récupère les forces de chacun pour en faire une force collective ? C'est ça qui est important aujourd'hui. Si on veut aller plus vite et mieux, il faut rassembler ce que chacun fait de mieux et pour que chacun s'améliore. »

Les échanges avec le Suriname, qui travaille beaucoup avec ses communautés autochtones, ouvrent aussi des pistes. « Nous devons prendre en compte cette autochtonie et adapter un mode d'agriculture et un accompagnement spécifiques », estime la présidente de la SAFER. Objectif : permettre à ces agriculteurs de vivre de leur production, tout en contribuant à l'alimentation de l'ensemble du territoire.

Dernières actualités

Radio Péyi
En direct
Grille des programmes