Sport

Valentin Armand relève le défi de l’Ironman de Vichy après seulement 6 mois de préparation

Professeur de physique-chimie au lycée Gaston Monnerville de Kourou, Valentin Armand a réalisé une performance remarquable dimanche 22 août à Vichy. Pour son premier Ironman, après seulement quelques mois de pratique sérieuse du triathlon, il a enchaîné 3,8 km de natation, 180 km à vélo et un marathon, en un peu plus de 12 heures. Une expérience éprouvante mais largement satisfaisante pour le Guyanais.

Par La rédaction PÉYI · 27/08/2026

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Valentin Armand avait conscience de s’attaquer à un défi particulièrement exigeant. Il pratiquait le triathlon depuis moins d’un an et ne s’entraînait sérieusement en natation et en vélo que depuis environ 6 mois. Son objectif était donc avant tout de terminer l’épreuve. Avec un temps compris entre 12 et 13 heures, il estime avoir atteint son objectif. Le professeur de Kourou reconnaît toutefois que plusieurs difficultés rencontrées durant la préparation ont rendu le défi plus compliqué que prévu.

« Je suis quand même très content d’avoir fini l’épreuve et de m’en être sorti assez honorablement, notamment en termes de fatigue et de gestion de l’énergie sur la journée. Il y a eu plein d’autres variables en cours de route qui ont fait en sorte que la tâche m’était un peu plus difficile que prévu. »

Une épreuve de natation particulièrement réussie

Pour sa première expérience sur 3,8 kilomètres en eau libre, Valentin Armand a plutôt bien négocié la première partie de l’Ironman. Il termine la natation en moins d’une heure et demie, alors qu’il n’avait jamais dépassé les 3 000 mètres en eau libre. « En natation, je n’ai quasiment jamais autant mieux nagé que le jour de l’épreuve. »

Une satisfaction importante pour le triathlète, qui avait principalement travaillé son crawl en piscine. « Les 3 800 mètres, il fallait quand même aller les chercher. »

180 kilomètres de vélo : la difficulté majeure

Le parcours cycliste, long de 180 kilomètres et marqué par plus de 2 000 mètres de dénivelé positif, a constitué un autre défi. Valentin Armand n’avait jamais dépassé les 150 kilomètres lors de ses entraînements.

À cela s'ajoute un changement de matériel : son vélo utilisé en Guyane n’ayant pas pu être emporté dans l’Hexagone, il a dû s’adapter à une nouvelle machine.

« J’étais sur un vélo que je ne maîtrisais globalement que depuis un mois. Je n’étais pas forcément extrêmement à l’aise au début.  Je n’ai pas autant poussé que ce que je voulais. Je voulais surtout m’économiser pour le marathon. »

Une stratégie qui lui a permis d’aborder la dernière partie de l’épreuve dans de bonnes conditions.

Un marathon en 3h30 après neuf heures d’effort

Après la natation et le vélo, Valentin Armand devait encore parcourir les 42,195 kilomètres du marathon. Au départ, son ambition était simplement de terminer sans marcher. Finalement, il réalise environ 3h30. Un chrono dont il se montre particulièrement satisfait, d’autant qu’il a conservé une marge de sécurité dans les derniers kilomètres.

« Au début, je voulais juste essayer de ne pas marcher sur le marathon. Ensuite, je me suis dit : on va peut-être essayer d’aller chercher moins de quatre heures.  J’ai vu que sur l’épreuve, je me sentais bien. Mais j’ai voulu la jouer en gestion, surtout sur la fin de l’épreuve. »

Une performance qu’il attribue notamment au travail réalisé avec le TAC en course à pied. « Avec le TAC (Toucan Athlétic Club), j’étais extrêmement bien préparé. Je l’ai ressenti à Vichy lors du marathon. »

Une préparation entre Kourou et Nice

Pour préparer son premier Ironman, Valentin Armand a pu compter sur les membres du TAC pour multiplier les sorties longues à vélo. Les parcours entre Kourou et Petit-Saut lui ont notamment permis de travailler l’endurance et le dénivelé. Pendant ses vacances dans l’Hexgone, il a ensuite profité du relief autour de Nice pour poursuivre sa préparation.

« J’essayais de m'entourer d'un maximum de membres du club qui faisaient du vélo, histoire d’aller faire du volume, d’aller chercher des sorties longues. J’allais essayer d’aller chercher le plus de cols possible, le plus de relief possible dans ma région. »

En natation, le travail s’est essentiellement effectué en piscine, faute notamment d’avoir suffisamment d’expérience en eau libre. « J’aurais aimé faire plus de sorties en eau libre en Guyane, notamment sur le fleuve, mais honnêtement, je n’ai pas le niveau pour le faire. »

« Je l’ai fait pour la Guyane et pour Kourou pour mes élèves »

Au-delà de la performance sportive, Valentin Armand souhaitait faire de cette aventure un hommage à son territoire d’adoption. Arrivé à Kourou il y a deux ans, il estime que la Guyane a largement contribué à son développement sportif. Ses élèves ont également une place importante dans cette aventure, conclut-il. 

« Cet événement, je l’ai fait pour la Guyane, je l’ai fait pour la ville de Kourou qui m’a permis de me développer en sport. Je l’ai fait pour les élèves de mon établissement qui me suivent un petit peu. »

À travers ce défi, l’enseignant voulait transmettre un message de persévérance et de dépassement de soi. « On peut également mener de belles batailles dans le sport pour essayer de concrétiser ses rêves et ses objectifs en s’entraînant assez durement. »

Une expérience qui lui permet aujourd’hui de mesurer le chemin parcouru en quelques mois. Après cette première expérience réussie, Valentin Armand souhaite désormais poursuivre dans le triathlon. Il envisage notamment de participer au Guyaman de Saint-Laurent-du-Maroni et à d’autres Ironman en France et en Europe l’année prochaine. Il pourrait également revenir à Vichy, avec cette fois davantage d’expérience et l’ambition d’améliorer son chrono. 


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