Le gouvernement va émettre un « avis négatif » sur la relance des hydrocarbures en Outre-mer
« Il y a une décision du gouvernement qui est d'émettre un avis négatif sur cette PPL », a dit la ministre à des journalistes, affirmant que « soutenir cette PPL ça rendrait la position de la France intenable à l'international ».
A l'initiative du groupe macroniste (RDPI), constitué de nombreux sénateurs ultramarins, une proposition de loi visant « à lever, dans les territoires d'Outre-mer, l'interdiction de recherche, d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures » arrive au Sénat le 29 janvier.
Interrogé par l'AFP, le groupe RDPI du Sénat a indiqué qu'il « pren(ait) acte de la position du Gouvernement ». « Le texte est bien évidemment maintenu, appuyé par notre ADN ultramarin et notre soutien entier au sénateur Patient et aux Guyanais. Nous souhaitons que le Sénat ait l'opportunité de s'affirmer sur le sujet », a-t-il ajouté.
C'est le ministre de l'Économie Roland Lescure qui défendra la position du gouvernement, a précisé Bercy, qui était défavorable à ce texte. Monique Barbut a ajouté que « la France a été porteuse de positions extrêmement fortes sur cette question, elle est à la tête de la coalition Beyond Oil and Petrol. C'est sur des choses comme ça que j'ai pu accepter d'être ministre ».
Elle s'est opposée, sur cette question, à la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou. Les partisans de ce texte mettent en avant le développement économique, notamment de la Guyane. Or, a encore affirmé mercredi la ministre de la Transition écologique, « ce n'est pas être dogmatique. (...) Je ne vois pas en quoi ça règle aujourd'hui la question du développement de la Guyane ».
« En revanche je vois très bien les dégâts qui vont être causés aux écosystèmes. (...) Le reste c'est de l'hypothèse. Et donc c'est un peu cher payé », a-t-elle poursuivi. Plusieurs ONG environnementales avaient fait part aux sénateurs de leur opposition à la proposition de loi, y voyant « une promesse trompeuse et irresponsable ».
L'an dernier, le ministre des Outre-mer Manuel Valls avait dit vouloir « ouvrir le débat » sur l'interdiction de l'exploitation des hydrocarbures en France, suscitant l'opposition de ses collègues de l'Environnement, Agnès Pannier-Runacher, et de l'Énergie, Marc Ferracci.
Ces tentatives se sont produites alors que la loi Hulot de 2017 interdit toute prospection d'hydrocarbures sur le territoire français, sur terre comme en mer. Un permis d'exploration de Total (devenu TotalEnergies en 2021) au large de la Guyane avait expiré le 1er juin 2019 sans résultat probant, fermant alors la porte à une éventuelle industrie pétrolière locale.