En Guyane, le président de la Fédération française de tennis séduit par le potentiel du territoire
Le président de la Fédération Française de Tennis, Gilles Moretton, a effectué une visite de trois jours en Guyane. Arrivé lundi avec quatre membres de sa délégation, il est venu à la rencontre des clubs, des élus et des acteurs locaux, quatre ans après son dernier déplacement sur le territoire.
Au cœur des échanges : le développement de la pratique du tennis, les difficultés financières rencontrées par les structures, le manque d’équipements sportifs, mais aussi la formation des jeunes joueurs et des entraîneurs guyanais.
Marc-Olivier ANATOLE - Maire adjoint délégué au développement sportif à la Ville de Cayenne a accueilli une délégation de la Fédération Française de Tennis et de la Ligue de Tennis de Guyane © Ville de Cayenne
Former localement pour construire durablement
Pour Gilles Moretton, la Guyane dispose d’un fort potentiel encore sous-exploité. Il insiste sur la nécessité d’un accompagnement structuré, notamment sur les infrastructures et la rénovation des terrains.
« Il y a aujourd'hui en Guyane un potentiel terrible et je pense qu'aujourd'hui, il n'y a que cinquante pour cent du territoire qui est réellement exploité. À nous de réfléchir ensemble à comment on peut aider la Guyane. »
Mais l’un des axes majeurs reste la formation locale des encadrants : « On parlait de former des entraîneurs, mais des entraîneurs sur place. Parce que moi, je ne crois pas beaucoup au parachutage. Il faut former localement des gens qui vont rester. » Une stratégie qu’il qualifie lui-même d’ambitieuse. « C’est une véritable opération de développement. C’est ambitieux. Je pense qu’on peut le faire. On peut le faire ensemble. »
© La délégation recue dans Sport Péyi sur Radio Télé Péyi avec Jean-Marc Faham
Miser sur la jeunesse et la compétition
Gilles Moretton regrette toutefois les freins liés à l’éloignement géographique, qui compliquent l’accès à la compétition pour les jeunes talents guyanais. « Quand vous avez des jeunes qui jouent bien, se confronter avec les autres, l’émulation crée le développement. » Selon lui, la compétition doit intervenir très tôt dans le parcours des jeunes joueurs :
« Dès le début du tennis, on doit les entraîner vers la compétition. Elle va les fidéliser, leur permettre de rencontrer d’autres personnes et de prendre toutes les valeurs du sport. »
Le président de la FFT s’est en revanche félicité de la tenue des deux tournois internationaux ITF, féminin et junior, organisés à Cayenne en janvier et mars derniers. « La grande réussite pour moi, ce sont les deux tournois qui ont existé en ce début d’année. Des tournois internationaux avec onze nationalités différentes. » Pour lui, ces compétitions permettent de susciter des vocations chez les plus jeunes :
« Cette dynamique-là va amener des enfants à regarder. Et puis petit à petit, on va développer un esprit de compétition. »
La délégation de la Fédération Française de Tennis quitte la Guyane ce mardi 29 avril, au terme d’un séjour placé sous le signe du développement sportif.