CTU ICT Week 2026 : clap de fin à Cayenne, la Guyane mise sur les câbles et la coopération régionale
La Guyane a accueilli du 20 au 24 septembre la CTU ICT Week 2026, le grand rendez-vous annuel de la Caribbean Telecommunications Union consacré aux télécommunications et au numérique. Quel bilan ?
Par Etienne Cornec · 26/09/2026

Pendant cinq jours, ministres, régulateurs, experts et acteurs économiques ont échangé autour de la cybersécurité, de la connectivité et de l’innovation. Avec la signature d’un accord avec Trinité-et-Tobago et l’arrivée prochaine d’un nouveau câble sous-marin, le territoire cherche à renforcer sa place dans les réseaux numériques de la Caraïbe.
La semaine s’est achevée jeudi 24 septembre par la signature d’un protocole d’entente entre la SPLANG et l’Autorité des télécommunications de Trinité-et-Tobago, la TATT.
L’accord, signé par Marie-Lucienne Rattier, présidente-directrice générale de la SPLANG, et Cris Seecheran, président de la TATT, doit favoriser les échanges d’informations, d’expertises et de bonnes pratiques dans les secteurs des télécommunications et de la radiodiffusion.
“Cette coopération doit permettre de renforcer les liens avec les autres territoires caribéens et de faire émerger de nouveaux projets”, indique la CTG

Un nouveau câble sous-marin bientôt relié directement entre la Guyane et l’Europe
Autre enjeu majeur présenté durant la semaine : le projet LumaLink, extension du câble EllaLink déjà en service entre le Brésil et l’Europe. Le nouveau câble doit relier directement Cayenne à l’Europe, sans que les données transitent par les États-Unis. Son arrivée est prévue sur le campus de la CTG, avec une mise en service annoncée pour novembre 2026. Philippe Dumont, directeur général d’EllaLink, souligne l’enjeu stratégique de cette nouvelle connexion :
« La Guyane française va être pour la première fois reliée directement par câble sous-marin à l’Europe sans transiter par d’autres juridictions, en particulier les États-Unis. »
Diversifier les routes des données
Cette nouvelle infrastructure doit également permettre à la Guyane de devenir un point de connexion pour les territoires voisins, notamment le Suriname, le Guyana ou encore Trinité-et-Tobago.
L’objectif est de multiplier les routes disponibles pour les données et de renforcer la résilience des réseaux numériques. « Offrir à ces gens-là un accès à l’Europe via Cayenne, c’est pour eux quelque chose d’important », explique Philippe Dumont.
Cette diversification est également présentée comme un enjeu de cybersécurité et de souveraineté numérique. « Avoir une porte de sortie vers le Brésil, Fortaleza, ou vers l’Europe, c’est une diversification notable », estime le directeur général d’EllaLink.

Un intérêt pour le Centre spatial guyanais
Le futur câble doit aussi répondre aux besoins croissants du secteur spatial. Le Centre spatial guyanais traite en effet un volume important de données et certaines opérations sont de plus en plus pilotées à distance depuis l’étranger. Selon Philippe Dumont, le nouveau câble doit contribuer à renforcer la robustesse des communications nécessaires à ces activités.
« L’arrivée du câble LumaLink et EllaLink, c’est une façon de renforcer considérablement la robustesse des réseaux de télécommunication. »
Au-delà des annonces, la CTU ICT Week 2026 devait surtout permettre de transformer les échanges en coopérations concrètes. La Guyane souhaite s’appuyer sur ses infrastructures, notamment les câbles sous-marins et les technologies spatiales, pour renforcer ses échanges avec la Caraïbe et l’Amérique du Sud.
Dans le contexte international actuel, avec le futur câble LumaLink et le protocole signé avec Trinité-et-Tobago, le territoire cherche ainsi à consolider son ambition de devenir un point de connexion numérique autonome entre la Caraïbe, l’Amérique du Sud et l’Europe sans passer par les Etats-Unis.





