Économie

Guyane-Amapá : vers un marché transfrontalier renforcé

Le MEDEF Guyane et une trentaine d'organisations patronales de l’Amapá se sont réunis le 31 août 2026 à Rémire-Montjoly dans le cadre d’une mission économique entre les deux territoires.

Par Etienne Cornec · 01/09/2026

© fecomerciaoap
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Un partenariat a été signé afin de renforcer les relations entre les entreprises guyanaises et brésiliennes et de favoriser de nouvelles opportunités commerciales, notamment dans l’import-export de part et d'autre de l'Oyapock.

Énergie, BTP, commerce, agriculture, immobilier ou encore filière bois : plusieurs secteurs étaient représentés lors de cette rencontre entre entrepreneurs des deux territoires. Pour Dave Drelin, président du MEDEF Guyane, cette coopération doit permettre aux entreprises de dépasser les limites liées à la taille du marché guyanais :

« Nous sommes un petit territoire de 300 000 habitants avec des possibilités commerciales relativement réduites. L’idée, c’est de s’appuyer sur les voisins existants pour développer nos activités, tant à l’export qu’à l’import. »

Le président du MEDEF Guyane estime que les échanges de savoir-faire peuvent également profiter aux deux parties :

« Tous les secteurs sont concernés, que ce soit le commerce, l’industrie ou le BTP. Parfois, nous pouvons leur apporter de la technicité et, d’autres fois, ce sont les Brésiliens qui peuvent nous en apporter. »

Cette nouvelle rencontre s’inscrit dans la continuité d’un premier déplacement organisé à Macapá, capitale de l’Amapa, au cours duquel plusieurs entreprises avaient déjà conclu des accords. « Nous sommes vraiment dans une démarche d’accélérateur des échanges économiques entre les entreprises de l’Amapá et de Guyane », souligne Dave Drelin.

La fin du visa, un frein en moins

La suppression du visa pour les ressortissants brésiliens de l’Amapá souhaitant se rendre en Guyane est également présentée comme un facteur facilitant les échanges humains et commerciaux.

Ladislao Monte, président de la Fecomércio Amapá, estime que cette évolution permet désormais aux entrepreneurs de mieux appréhender le marché guyanais :

« Depuis juillet, les Brésiliens de l’Amapá, d’Oiapoque et de Macapá peuvent venir et circuler partout en Guyane sans visa. Avant, nous faisions quelques ventes aux Guyanais, mais nous n’avions pas la dimension de ce marché. Maintenant, c’est beaucoup plus facile pour échanger. »

Pour le responsable brésilien, l’objectif pourrait être d’aller vers un véritable marché transfrontalier :

« Je pense qu’on peut développer un marché commun. Au Brésil, nous sommes forts dans le secteur du BTP, donc nous avons de quoi proposer. Nos deux territoires sont petits, mais possèdent de grandes capacités de rendement et de développement. »

Au-delà des échanges commerciaux, les représentants patronaux voient dans cette coopération un potentiel pour la création d’emplois des deux côtés de l’Oyapock. « Il sera plus facile de créer de l’emploi, que ce soit côté brésilien ou guyanais », estime Ladislao Monte :

La Fecomércio Amapá souhaite désormais multiplier les contacts directs entre entrepreneurs :

« Nous ne parlons plus seulement au niveau gouvernemental ou politique, on parle maintenant entre chefs d’entreprises de nos deux pays. L’objectif est de développer un réseau de libre-échange. »

Le président de la fédération brésilienne voit également dans la découverte de pétrole au large de l’Amapá un possible accélérateur des échanges. « Nous espérons que cela pourra permettre d’étendre cette coopération. », ajoute-t-il. 

Des barrières commerciales encore présentes

Si la suppression du visa facilite la circulation des personnes, elle ne supprime pas les formalités douanières ni les taxes applicables aux marchandises. En provenance du Brésil, qui est un pays tiers par rapport à l’Union européenne, des droits de douanes peuvent s’appliquer, selon le produit et son origine, en plus des taxes. 

Pour les chefs d’entreprise guyanais et amapéens, la réduction ou la levée de ces barrières commerciales constituerait donc un levier supplémentaire pour fluidifier les échanges et rapprocher davantage les deux marchés.

Au-delà des droits de douane et des formalités administratives, les entreprises brésiliennes doivent également composer avec les normes européennes applicables en Guyane. Des exigences qui peuvent représenter une difficulté en ce moment mais pour certains acteurs de l’Amapá, cela peut devenir une opportunité de faire évoluer leur production : 

« Les normes européennes, un frein… oui et non. Car de nombreux chefs d’entreprises dans l’Amapá se sont rapprochés de nous pour savoir comment atteindre les exigences demandées par l’Europe dans leur production » 

Pour le patronat guyanais, cette demande traduit aussi l’intérêt croissant des entrepreneurs brésiliens pour le marché guyanais et, plus largement, pour les débouchés européens.

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