Politique

La Ville de Cayenne s'inquiète face à une nouvelle vague de migrants

La municipalité de Cayenne alerte à nouveau sur la présence de migrants sur le domaine public. Marquée par les campements de 2022 et 2024, la maire, Sandra Trochimara, craint de revivre un état d'urgence humanitaire et sanitaire et appelle l'État à prendre ses responsabilités.

Par La rédaction PÉYI · 08/10/2026

© Radio Télé Péyi
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« Les hébergements sont complets »


Déjà fortement confrontée à cette situation les années précédentes, la mairie entend une nouvelle fois se faire entendre. Pour Sandra Trochimara, il s'agit de concilier accueil et réalités locales : « Il faut être en mesure d'agir avec humanité, mais en même temps, il faut aussi prendre en compte les réalités du territoire. » La maire rappelle que la demande d'asile est un droit, mais estime que ce droit doit s'accompagner de solutions d'hébergement. Or celles-ci font défaut : 

« Les hébergements aujourd'hui dédiés aux personnes en situation de difficulté sont complets et je ne vois pas, très sincèrement, comment l'on va pouvoir répondre à cette nouvelle vague. »

« Cayenne a vécu ses traumatismes »


Interpellée par plusieurs habitants, l'élue se dit prête à réagir à chaque fois pour éviter de revivre les épisodes de 2022 et 2024. À l'époque, la ville avait dû sécuriser une école privée située rues Lallouette et Arago. Le campement installé autour de la cathédrale avait marqué les esprits : « Je crois que ça a été le trop-plein », estime la maire, qui dit échanger très régulièrement avec le préfet pour que des demandeurs d'asile ne soient plus déposés dans la commune.

En 2022, la maire était allée jusqu'à entamer une grève de la faim illimitée, le jeudi 21 juillet à minuit. Ce geste faisait suite à un incident survenu rue François-Arago, devant les portes de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Soutenue par des élus de Guyane et des associations citoyennes, Sandra Trochimara dénonçait alors le manque d'action de l'État, les conditions de vie précaires des migrants dans les rues de Cayenne et les problèmes d'ordre public qui en découlaient.


Elle raconte la visite d'un ministre des Outre-mer, Carenco, à qui elle avait demandé de venir constater la situation sur place plutôt que de dîner à Bourda. Deux jours plus tard, le président de la Collectivité territoriale de Guyane, Gabriel Serville, à qui elle adresse « une forte pensée », avait proposé un espace sportif pour déplacer le camp : 

« C'était un véritable camp insalubre autour de la cathédrale, rue Arago, autour de l'ancienne maison d'arrêt. On a eu plusieurs poches de camps comme ça, qui entraînent des situations qui pour moi sont inhumaines. »

« La Ville de Cayenne a fait sa part »


La maire rappelle l'engagement de la commune. En 2021, dans le cadre d'un partenariat avec l'État, la ville a mis à disposition un terrain à Galmot, sur lequel les services de l'État ont installé des bungalows offrant 60 places d'hébergement. « Mais ça ne suffit pas », reconnaît-elle, malgré d'autres solutions déployées ailleurs sur le territoire.

Faut-il aller vers la construction d'un Centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA) ? La municipalité avait adopté une motion sur le sujet. Pour Sandra Trochimara, il permettrait de traiter « de façon beaucoup plus adaptée la problématique à laquelle Cayenne est confrontée », la ville qui regroupe toutes les administrations nécessaires aux démarches des demandeurs d'asile.

Une alerte portée jusqu'au gouvernement 


Sandra Trochimara dit avoir alerté les ministres de passage dans le département, jusqu'à la ministre Naïma Moutchou. « Je m'exprimerai à chaque fois que j'estimerai qu'hommes, femmes, enfants ne doivent pas être sur le domaine public et vivent ce genre de situation. L'État aille jusqu'au bout de ses responsabilités. Les Amandiers, c’est non. Autour de la cathédrale, non. »

Depuis quelques jours, une partie de ces migrants auraient trouvé des solutions d'hébergement à Roura, selon la maire. L'association des maires de Guyane soutient la démarche et appelle à l'urgence de trouver des solutions.

Video : Sandra Trochimara invitée dans le Grand Forum


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