Métaux lourds : mieux prendre en charge les personnes intoxiquées
L’ARS veut renforcer et mieux coordonner la prise en charge des intoxications aux métaux lourds en Guyane. Une nouvelle organisation doit permettre d’améliorer le dépistage, les soins et l’accompagnement médico-social des personnes exposées.
Par Arnaud Behary-Laul-Sirder · 14/09/2026

Le comité de pilotage de la Stratégie interministérielle de lutte contre les intoxications aux métaux lourds, la Stramélo, s’est réuni hier à la préfecture de Guyane. L’Agence régionale de santé a présenté un projet de filière sanitaire territoriale intégrée autour du CHU de Guyane.
L’objectif est de proposer un parcours plus précis, depuis le repérage et le dépistage jusqu’au suivi des personnes intoxiquées. Cette organisation doit également renforcer l’accompagnement des enfants et des personnes présentant des troubles du neurodéveloppement.
« Disposer d’une filière unique pour dépister, orienter, prendre en charge et suivre les personnes intoxiquées aux métaux lourds en Guyane. », indique l’ARS.
La future filière prévoit notamment un laboratoire de référence pour les analyses de plomb et de mercure au CHU de Guyane, à Saint-Laurent-du-Maroni, ainsi que des parcours de soins harmonisés et un pilotage régional avec des indicateurs communs.

Des résultats déjà enregistrés
Les équipes mobiles de lutte contre les métaux lourds interviennent notamment sur le Haut-Maroni et le Haut-Oyapock. En moins d’un an, 473 enfants ont été intégrés dans la file active. À Maripasoula, le dépistage des femmes enceintes a également permis d’identifier des cas de saturnisme gestationnel.
L’étude Aymara souligne par ailleurs l’importance de l’exposition au mercure dans certaines populations. À Pidima, en amont de Maripasoula sur le Haut-Maroni, 72 % des adultes et 56 % des enfants dépassent les normes de l’OMS concernant l’imprégnation au mercure.
L’ARS prévoit désormais de renforcer cette organisation avec une gouvernance interne dédiée et un comité de pilotage réuni deux fois par an, avec l’ambition d’apporter une réponse « plus lisible, coordonnée et équitable » sur l’ensemble du territoire.





