Politique

Municipales : pas de retour aux urnes, mais trois élus inéligibles à Saint-Laurent

Le tribunal administratif de la Guyane a rejeté ce jeudi 8 octobre les protestations électorales visant les municipalités de Mana, Apatou, Maripasoula, Matoury et Saint-Laurent-du-Maroni. Mais dans la capitale de l'Ouest, trois élus de l'opposition sont déclarés inéligibles pour un an et leur élection se voit annulée pour des manœuvres frauduleuses liées à de fausses attestations d'hébergement.

Par La rédaction PÉYI · 09/10/2026

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Saint-Laurent-du-Maroni : trois élus de l'opposition inéligibles

C'est la décision la plus lourde de la journée. Saisi par Léon Bertrand, le tribunal a rejeté sa demande d'annulation des municipales du 22 mars 2026, remportées au second tour par Lénaïck Adam. L'élection du maire est donc confirmée.

En revanche, les juges ont déclaré inéligibles à toutes élections, pour une durée d'un an, trois conseillers de l'opposition élus sur la liste « Diversité Saint-Laurent pour tous » de Sophie Charles : Mickle Papayo, Claude Gaby et Ruben Atanso. Le tribunal a retenu à leur encontre des manœuvres frauduleuses selon le code électoral, pour avoir produit des attestations d'hébergement. Leur élection en tant que conseillers municipaux, et communautaires est annulée.

Lors de l'audience du 17 septembre, le rapporteur public avait évoqué 93 fausses attestations de logement, dont 48 produites par le seul Ruben Atanso. Il avait toutefois estimé que ces faits ne remettent pas en cause la sincérité du scrutin : seuls 54 bénéficiaires de ces attestations ont voté, alors que la liste de Lénaïck Adam l'a emporté avec plus de 1 000 voix d'avance.

Ce jugement n'est toutefois pas encore définitif. Les élus concernés disposent d'un mois pour faire appel devant le Conseil d'État. Or, en matière d'élections municipales, l'appel est suspensif : selon le code électoral, les conseillers proclamés élus restent en fonction jusqu'à ce que le Conseil d'État ait statué. Tant que ce délai court, ou qu'un appel est en cours, Mickle Papayo, Claude Gaby et Ruben Atanso conservent donc leur siège, et leurs remplaçants ne peuvent pas être installés. Un appel n'est pas exclu.

Pour les remplacer, le tribunal proclame élu Pascal Sele, conseiller municipal et communautaire, ainsi que Bryce Douan et Franck Mathurin, conseillers municipaux.

Mana, Apatou, Maripasoula, Matoury : les maires confirmés

Dans les quatre autres communes, le tribunal a suivi les conclusions du rapporteur public, qui avait plaidé pour un rejet au fond de toutes les demandes d'annulation.

À Mana, le recours de Steeve Pavant, qui demandait l'annulation des opérations électorales, est rejetée. L'élection d'Albéric Benth est confirmée. Les demandes de remboursement de frais de justice présentées en défense ont également été rejetées.

À Apatou, Auguste Richenel et André Mato, colistiers de la liste « L'union pour la relance » de l'ancien maire Paul Dolianki, contestaient l'élection des conseillers municipaux, acquise dès le premier tour. Ils dénonçaient des listes électorales manipulées. Leur contestation est rejetée.

À Maripasoula, Dénes Bandai demandait au tribunal de révéler une irrégularité lors du second tour. Sa protestation est rejetée : Jonathan Abienso reste maire.

À Matoury, le recours contre l'élection du maire, Serge Smock, a lui aussi été rejeté.

Un long feuilleton judiciaire

Ces jugements referment le chapitre contentieux des municipales de mars 2026. Des candidats battus dans les petites communes avaient aussi saisi la justice. Pour les communes de moins de 9 000 habitants, le tribunal devait statuer sous trois mois : en juin, il avait déjà confirmé les résultats à Roura, Montsinéry-Tonnegrande, Régina, Saül, Papaïchton et Camopi. Pour les communes plus peuplées, il fallait attendre que la Commission nationale des comptes de campagne se prononce, d'où ce calendrier plus long.

À Saint-Laurent-du-Maroni, le scrutin avait marqué une bascule historique, avec la victoire de Lénaïck Adam face à Léon Bertrand, ancien maire de la ville pendant 35 ans, et face à la maire sortante Sophie Charles.

À Apatou, la bataille électorale avait commencé bien avant le vote, avec 364 recours déposés contre des inscriptions sur les listes électorales, pour la plupart rejetés par le tribunal judiciaire.  

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