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Aménagement urbain : les habitants de Cogneau-Lamirande exigent plus de transparence

Réunis mardi soir à la Maison des associations de Cogneau, plus d'une centaine d'habitants sont venus interpeller la municipalité de Matoury sur le projet d'urbanisme concernant les secteurs de Komou et Gombo. Entre inquiétudes sur d'éventuelles démolitions, critiques sur le manque d'informations et promesses de concertation, la réunion a rapidement tourné au dialogue de sourds.

  • Par: adminradio
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La tension était palpable dès les premiers échanges. Habitants de Komou et de Gombo, membres de collectifs et riverains sont venus nombreux demander des explications sur l'enquête publique récemment lancée autour du projet d'aménagement des deux secteurs. Pour beaucoup, le principal reproche adressé à la municipalité concerne le manque de clarté sur les intentions réelles de la Ville de Matoury : 

« Dès le début, on n'a pas eu de transparence sur les actions menées. On n'a pas de transparence sur les plans futurs », déplore Jean-Daniel Mérinat, habitant du secteur et coprésident d'un collectif de riverains. Selon lui, l'enquête publique a renforcé les inquiétudes de la population : 

« Dans le dossier, on constate qu'il y a beaucoup d'incohérences. C'est surtout ce qui fait qu'aujourd'hui les habitants sont révoltés. Pendant la campagne électorale municipale, on nous assurait qu'il n'y aurait pas de démolitions. Et au final, plus on avance dans le dossier, plus on se rend compte qu'il pourrait y en avoir. »

La question des démolitions au cœur des inquiétudes

Tout au long de la réunion, les interrogations sur d'éventuelles expropriations ou destructions de logements ont dominé les débats. Les habitants réclament des réponses précises sur les habitations concernées et les solutions envisagées pour les familles qui pourraient être touchées. « S'il y a une destruction, qu'ils viennent nous dire exactement quelle maison ils vont détruire et comment ils vont reloger les personnes », lance une habitante dans l'assemblée. Même constat pour Asnar Pierre-Louis, également coprésident du collectif d'habitants : 

« Cela fait plus de 30 ans que certains habitants sont installés ici. Ils ont construit leur maison. Aujourd'hui, ils ne peuvent pas accepter leur destruction pour aller vivre au deuxième ou au troisième étage d'un immeuble. »

Au-delà du logement, plusieurs riverains dénoncent un déficit d'information de la part de la municipalité. « Pour payer les taxes, ils savent venir nous trouver. Mais quand il faut donner des informations claires, il n'y a plus personne », s'emporte un habitant sous les applaudissements d'une partie du public. 

La mairie promet une concertation renforcée

Absent lors de cette réunion publique, le maire de Matoury, Serge Smock, avait délégué la présentation du projet à son 3e adjoint, Yahya Daoudi. Face à une salle particulièrement remontée, l'élu a tenté de défendre un projet qu'il présente avant tout comme une opération d'amélioration du cadre de vie : 

« Ces secteurs manquent encore de nombreuses commodités. Il leur manque des routes, des réseaux et des équipements que tout le monde devrait avoir. Si on veut apporter ces améliorations, il faudra forcément étudier l'état des bâtiments existants ». 

© F.Royer - Radio Télé Péyi 

L'adjoint assure toutefois que l'objectif de la municipalité est de préserver au maximum les habitations existantes. « Ce qu'on cherche à faire, c'est garder 100% des bâtiments, bien sûr. Nous sommes venus proposer un projet co-construit avec les habitants. De nouvelles enquêtes vont être réalisées afin d'avoir un état actualisé de la situation en 2025. »

Un dialogue encore difficile

Malgré ces explications, les échanges n'ont pas permis d'apaiser les tensions. Plusieurs habitants ont contesté les données présentées par la mairie, notamment sur le nombre de résidents concernés. « On nous parle de 8 000 habitants, mais le recensement n'est même pas à jour. On n'a même pas terminé celui de Gombo », affirme Jean-Daniel Mérinat.

Après près d'une heure et demie de discussions souvent tendues, la réunion a finalement été levée sans véritable avancée. Yahya Daoudi a néanmoins voulu rassurer la population sur la suite du projet.

« L'important, c'est l'aménagement du territoire. Ensuite, il faudra regarder chaque situation au cas par cas afin d'adapter le projet. L'objectif est d'aboutir à quelque chose qui soit accepté par tous, d'autant que 140 millions d'euros seront investis dans cette opération. »

En attendant, l'enquête publique se poursuit. L'enquêteur public a rappelé qu'il recevait les habitants en mairie tous les jeudis jusqu'à la fin du mois pour recueillir leurs observations et leurs éventuelles contestations.