Le FIFAC 2025 célèbre la diversité des regards amazoniens et caribéens
Organisé par la Ville et France Télévisions, l’événement propose jusqu’à samedi 32 films venus de 18 territoires d’Amazonie et de la Caraïbe, du Brésil au Suriname en passant par la Guyane. Des séances scolaires aux projections grand public, le FIFAC confirme son rôle de vitrine régionale du documentaire et de dénicheur de talents.
Entre émotions, réflexions et fierté territoriale, le FIFAC confirme son statut d’événement incontournable pour les amoureux du documentaire et de la diversité culturelle. Depuis sa création en 2019, le FIFAC s’impose comme un espace de découverte et de dialogue entre les cultures. Son directeur, Bertrand Le Délézir, insiste sur cette mission :
« Les festivals voient souvent l’Amazonie comme une forêt ou un paysage. Nous, on veut montrer qu’il y a bien plus : des voix, des visages, des histoires. Notre rôle, c’est de surprendre, de dénicher les pépites. »
Le festival souhaite ainsi déconstruire les visions réductrices et donner la parole aux cinéastes de la région. « C’est un cercle vertueux », poursuit-il. « Les professionnels invités repartent étonnés par la richesse et la diversité de ce que nous proposons. »

Focus sur les peuples autochtones
Cette année, le FIFAC met à l’honneur les peuples autochtones, un thème central pour les organisateurs. « Dès qu’on parle d’Amazonie, on parle des peuples autochtones », explique Frédéric Belleney, délégué général du festival. « Déforestation, pillage des ressources… ces thématiques se rejoignent toujours. »
Mais au-delà des drames, le festival veut aussi faire place à l’espoir et à la résilience. « Nous avons créé un nouveau “Prix Demain”, précise Bertrand Le Délézir, « pour récompenser des films porteurs d’un futur plus positif, des luttes engagées avec une lueur d’espoir. »

Un festival populaire et éducatif
Avec ses projections en plein air et ses séances scolaires, le FIFAC reste profondément ancré dans son territoire. « Ce qui est important, c’est que chacun y trouve quelque chose », souligne Bertrand Le Délézir. « Les jeunes viennent découvrir le langage documentaire. C’est essentiel pour former un public curieux et critique. »
Cette année, la programmation s’ouvre encore davantage avec une fiction en ouverture, Le Gang des Antillais de Jean-Claude Barny — une première pour un festival documentaire.
Partenaire historique du FIFAC, France Télévisions maintient son soutien malgré un contexte budgétaire contraint. « Nous voulons continuer à faire vivre les regards ancrés dans nos territoires », affirme Muriel Barthélémy, directrice régionale de Guyane la 1ère. « Cela passe par la télévision, mais aussi les plateformes web, les podcasts, les réseaux sociaux… C’est notre ADN : accompagner la création audiovisuelle locale. »
La cérémonie d’ouverture a donné le ton. Sous le manguier du Camp de la Transportation, les spectateurs ont découvert Pensionnats catholiques de Guyane : la blessure de François Reinhardt, suivi de SLM, Chroniques d’une jeunesse lointaine, réalisé par Christophe Haleb avec des jeunes Saint-Laurentais. « C’est un film sur la jeunesse, sur leur parole, leur façon de grandir et de s’émanciper », a expliqué le réalisateur. « C’est sincère, urgent, nécessaire. »
Pour Serge Abatucci, co-directeur du Centre dramatique Kokolampoe, le FIFAC symbolise une aventure collective :
« Ici, tout repose sur la volonté et la solidarité. Malgré les fragilités budgétaires, ce festival prouve qu’on peut faire beaucoup avec l’engagement de chacun. »
Et la suite ?
Le festival se poursuit toute la semaine avec des projections gratuites chaque soir. Ce mercredi, le public pourra découvrir notamment Antecume Pata, le village d’André, en présence de sa productrice Estelle Mauriac.
"Invités du 7h" depuis le Camp de la Trasportation à Saint-Laurent du Maroni, Victor Zammit recevait Frédéric Belleney, délégué général du festival et Bertrand Le Délézir, directeur du Fifac :