Le touloulou retente l’Unesco
C’est une deuxième tentative pour le touloulou. Hier, une délégation composée d’élus, d’universitaires, d’artistes et d’acteurs culturels guyanais s’est rendue au ministère de la Culture afin de soutenir l’inscription du célèbre personnage masqué sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.
Après un premier refus en 2024, le dossier a dû être repris. Parmi les membres de la délégation figurait Mylène Danglades, référente Unesco de l’Observatoire régional du carnaval guyanais, en première ligne sur ce travail de fond :
« Nous avons retravaillé le formulaire pour la demande de candidature. Une fois ce dossier renseigné, qui a nécessité de nombreuses réunions, des ateliers ont été réalisés pour mobiliser, sensibiliser et initier des réflexions, notamment sur les mesures de sauvegarde »
Un dossier enrichi et renforcé : le touloulou, vecteur d’identité et de cohésion
La nouvelle candidature se veut plus complète et plus argumentée. Elle intègre désormais des dimensions essentielles exigées par l’Unesco, comme le développement durable, l’égalité des genres, l’impact économique et l’inclusivité. « Nous avons repris le bâton de pèlerin pour approfondir ces éléments. Cela a demandé un travail mené d’arrache-pied, avec de nombreuses séances de préparation et de répétitions, impliquant élus, tissu associatif, institutions et monde académique », souligne Mylène Danglades.

Un laboratoire de recherche a notamment contribué à cet effort collectif, illustrant l’ampleur de la mobilisation autour de ce projet patrimonial. Pour la référente Unesco, le touloulou mérite pleinement une reconnaissance internationale. Plus qu’un simple personnage de carnaval, il incarne une richesse culturelle et identitaire unique :
« Il reflète la diversité culturelle du territoire. Il est un véritable vecteur identitaire et véhicule des valeurs de respect mutuel, de cohésion sociale et de paix »
Personnage emblématique du carnaval guyanais, le touloulou met également en lumière des pratiques et des rituels transmis de génération en génération, contribuant à la vitalité culturelle du territoire. « Ce carnaval mérite d’être sauvegardé, valorisé et transmis, tant pour sa diversité culturelle que pour sa richesse identitaire », conclut Mylène Danglades.
La décision de l’Unesco est attendue courant avril 2026.