themes/default/item_post.html.twig

Carburants : l’État dévoile ses aides, les professionnels jugent la réponse insuffisante

Face à la flambée des prix des carburants en Guyane, l’État a présenté une série de mesures de soutien destinées aux ménages modestes et aux secteurs les plus exposés. Transports, BTP, ambulance, agriculture, pêche ou gros rouleurs : plusieurs dispositifs sont annoncés. Mais sur le terrain, certains professionnels estiment que ces aides restent loin du compte.

  • Par: adminradio
  • Date:

Après une première réunion lundi avec les transports publics et les ambulanciers, la préfecture recevait mardi 5 mai les « gros rouleurs », c’est-à-dire les professionnels dont l’usage d’un véhicule est essentiel.

Une aide forfaitaire de 50 euros est prévue pour les mois d’avril, mai et juin. Elle vise les personnes parcourant plus de 15 kilomètres entre leur domicile et leur lieu de travail, avec un plafond de revenus fixé à 17 000 euros annuels.

« L’aide est de cinquante euros, donc une aide forfaitaire sur les trois mois. Le formulaire sera disponible début juin sur impots.gouv.fr », précise Stéphanie Gervinet, commissaire à la vie des entreprises à la préfecture.

Des mesures ciblées pour les entreprises

Les entreprises de transport routier peuvent bénéficier d’aides allant jusqu’à 60 000 euros, calculées selon la taille de leur flotte. Dans le BTP, une compensation de 20 centimes par litre de gazole non routier est accordée pour le mois de mai, dans la limite de 4 000 euros par entreprise.

Les pêcheurs peuvent recevoir jusqu’à 35 centimes par litre, tandis que les exploitants agricoles disposent d’un dispositif spécifique, accompagné de reports ou prises en charge de cotisations sociales.

Un prêt « flash carburant » est également proposé aux PME du transport, de la pêche et de l’agriculture.

Pas assez pour les ambulanciers, les longues distances remises en question

Parmi les professions les plus impactées, les ambulanciers tirent la sonnette d’alarme. Très dépendantes du carburant pour assurer les transports de patients sur l’ensemble du territoire, les entreprises du secteur dénoncent une aide de 70 euros par véhicule jugée insuffisante.

« C’est toujours mieux que rien, mais c’est des clopinettes. Quand on fait 70 euros, on a déjà fait un unique plein », lance Lionel Louisor, président du syndicat des ambulanciers de Guyane. Selon lui, les tarifs remboursés par la CGSS n’ont pas évolué depuis plusieurs années, alors que les charges explosent. « Les charges augmentent et les prestations remboursées restent pareilles. On ne pourra plus tenir à cette allure-là », alerte-t-il.

Avec la hausse du carburant, certains trajets deviennent de plus en plus difficiles à rentabiliser, notamment vers l’Ouest et l’Est guyanais. « Si on emmène un patient à Saint-Georges, on va réfléchir à deux fois avant d’accepter », prévient Lionel Louisor. « Les grandes distances seront difficiles à faire avec un retour à vide. »

Le transport public tout aussi inquiet 

Même constat du côté du transport public. Carine Sinaï-Bossou, cheffe d’entreprise dans le transport public, estime que les aides permettent seulement de survivre à court terme.

« Je consomme environ 3 000 litres par jour, donc chaque centime compte. Quand vous touchez à la marge, vous freinez l’investissement et la croissance économique », explique-t-elle.

Celle qui est aussi présidente de la CCI Guyane craint un ralentissement des embauches, du renouvellement du matériel et plus largement de l’activité économique en Guyane.

Pour davantage de détails concernant les aides, il vous suffit de vous rendre sur http://www.guyane.gouv.fr