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L'activité économique progresse et pourtant le chômage atteint près de 20 %

La Guyane continue d'afficher une économie dynamique avec davantage d'emplois salariés, une activité en hausse et une inflation maîtrisée. Pourtant, le chômage poursuit sa progression et touche désormais 19,3 % de la population active. Un paradoxe que les dernières analyses de l'INSEE et de l'IEDOM expliquent par une forte pression démographique sur le marché de l'emploi.

  • Par: adminradio
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Les indicateurs économiques restent globalement bien orientés en Guyane. Selon les dernières données de l'INSEE, l'activité économique a progressé de 2,2 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période de l'an dernier, alors qu'elle recule de 0,5 % dans l'Hexagone.

Cette croissance est portée par l'ensemble des secteurs : commerce, transports, services, industrie et même la construction, qui repart à la hausse après plusieurs trimestres difficiles.

L'emploi suit cette dynamique. La Guyane compte désormais plus de 75 000 salariés, soit près de 1 000 emplois supplémentaires en un an.

L'IEDOM confirme cette tendance dans son rapport annuel : le climat des affaires s'améliore avec un indice moyen de 100,3 en 2025, atteignant même 105 au quatrième trimestre, un niveau supérieur à sa moyenne de longue période. L'investissement privé reste soutenu, avec une progression de 10 % des crédits d'investissement sur un an, tandis que l'inflation est retombée à 1,5 %, contre 3 % en 2024.

Pourtant près d'un actif sur cinq est au chômage

Malgré cette embellie, le marché de l'emploi reste sous forte tension. Le taux de chômage atteint désormais 19,3 % de la population active, soit près d'un actif sur cinq et plus du double de la moyenne nationale.

Pour l'IEDOM, dans son rapport annuel, ce paradoxe s'explique avant tout par la démographie exceptionnelle du territoire.

« La Guyane reste confrontée à des fragilités structurelles, notamment le déséquilibre du marché de l'emploi et une croissance démographique qui implique des investissements importants en infrastructures »

Selon ses projections, plus de 30 000 actifs supplémentaires devraient arriver sur le marché du travail d'ici 2030. Autrement dit, même lorsque l'économie crée des emplois, elle ne parvient pas à absorber suffisamment rapidement l'arrivée de nouveaux demandeurs.

Des perspectives encourageantes mais encore fragiles

Les prochains mois pourraient toutefois être plus contrastés. Les entreprises affichent davantage de prudence dans leurs recrutements : 6 600 projets d'embauche sont recensés cette année contre 7 500 en 2025, soit une baisse de près de 12 %.

L'IEDOM appelle également à la vigilance face au ralentissement de la consommation des ménages, à la hausse du surendettement et aux incertitudes internationales, notamment la remontée des prix de l'énergie liée aux tensions géopolitiques.

« Les premiers indicateurs de 2026 s'inscrivent dans la continuité de 2025 », observe néanmoins l'IEDOM, qui souligne que le redémarrage de l'activité spatiale, le maintien d'une inflation inférieure à 2 % et une économie globalement dynamique constituent autant d'atouts pour le territoire.

Pour les économistes, le principal défi reste désormais de transformer cette croissance en créations d'emplois suffisamment nombreuses pour répondre à une démographie parmi les plus fortes de France.