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Orpaillage illégal : l’État face à une accusation de « carence fautive » devant le tribunal administratif

Une audience s’ouvre ce jeudi 23 avril au tribunal administratif à la suite d’une action en justice engagée contre l’État pour son inaction présumée face à l’orpaillage illégal en Guyane. Six associations et deux habitants du Haut-Maroni demandent la reconnaissance d’une « carence fautive » et du droit à la santé des populations des fleuves, exposées depuis des décennies à la pollution et aux dégradations environnementales.

  • Par: adminradio
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Six associations et deux habitants du Haut-Maroni ont saisi la justice administrative pour dénoncer l’insuffisance de l’action publique face à l’orpaillage clandestin. Ils estiment que ce phénomène, installé depuis près de trente ans, a des conséquences directes sur la santé des populations vivant le long du fleuve pollués par des métaux lourds. Leur demande centrale porte sur la reconnaissance du droit à la santé et sur la responsabilité de l’État dans ce qu’ils qualifient d’inaction prolongée.

Pollution au mercure et atteintes aux droits humains

Les requérants dénoncent une situation sanitaire préoccupante, liée notamment à la contamination au mercure utilisée dans les activités d’orpaillage illégal. Pour Marine Calmet, directrice de l’ONG Wild & Légal, cette affaire dépasse la seule question environnementale. Elle affirme : 

« Ce que nous réclamons, c'est la reconnaissance de la violation des droits humains et des populations qui vivent sur le fleuve et qui sont contaminées quotidiennement par le mercure. Nous réclamons que le juge impose à l'État de prendre des moyens supplémentaires pour combattre l'orpaillage illégal en Guyane »

Les requérants rappellent que des précédents judiciaires ont déjà permis d’obliger l’État à renforcer son action dans d’autres contextes de crise environnementale.

Vers une nouvelle gouvernance du fleuve Maroni ?

Au-delà des moyens de répression, les associations plaident pour une refonte de la gestion du territoire. Elles évoquent des modèles étrangers comme celui du fleuve Atrato en Colombie, où la justice a imposé une nouvelle gouvernance associant les populations locales. Marine Calmet souligne : « Nous nous sommes inspirés d'un cas très similaire en Colombie », rappelant que ce type de décision a permis la création de dispositifs de co-gestion impliquant les habitants.

Selon elle, une telle approche pourrait être adaptée à la Guyane afin de mieux répondre aux réalités locales et aux besoins des populations du Maroni.

Des revendications sanitaires, sécuritaires et économiques

Les requérants demandent enfin un renforcement global de l’action publique, combinant lutte contre l’orpaillage illégal, politique sanitaire et développement d’alternatives économiques. L’objectif est de limiter les impacts de cette activité illégale tout en offrant des perspectives durables aux populations locales.

Dans ce cadre, Marine Calmet conclut sur la nécessité d’une réponse élargie : des moyens supplémentaires en matière de sécurité, mais aussi un accompagnement économique et social pour permettre aux habitants de sortir de la dépendance à l’orpaillage illégal.