Sylvain Kereneur condamné à 24 ans de prison
Âgé de 39 ans, Sylvain Kereneur comparaissait depuis mardi devant la cour d’assises de Martinique. Il a été reconnu coupable du meurtre de sa compagne, Karina Antunes Gama de Souza, 23 ans au moment des faits. La jeune femme avait été étouffée, avant que son corps ne soit partiellement brûlé puis abandonné près de la commune de Cacao.
L’accusé avait reconnu les faits mais plaidait l’accident, une version qui n’a pas convaincu la cour.
Une peine proche des réquisitions
Sylvain Kereneur encourait la réclusion criminelle à perpétuité. L’avocat général avait requis 25 ans d’emprisonnement. La cour a finalement prononcé une peine de 24 ans de prison, assortie d’une interdiction de détenir et porter une arme ainsi que d’une privation des droits d’éligibilité pendant dix ans.
La peine tient compte notamment de la « sincérité de ses regrets » et de son « bon comportement en détention ». Les cinq années de détention provisoire déjà effectuées seront déduites : il lui reste 19 ans à purger.

Une famille qui se sent entendue malgré une peine contestée
Pour les parties civiles, le verdict apporte un certain apaisement. Maître Mustapha Khiter, avocat de la famille, estime que justice a été rendue :
« Ce qu’il faut garder en tête, c’est que la famille se sent entendue. La famille a le sentiment que justice a été rendue. C’était le procès dans lequel Karina a perdu la vie, il fallait rendre justice à Karina. »
L'avocat rappelle également que cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de violences faites aux femmes. D’autres proches de la victime se disent toutefois insatisfaits. Une cousine de Karina, partie civile, déplore une peine jugée trop clémente :
« Pourquoi lui donner cette faveur ? Il n’en a donné aucune à ma cousine. Ce féminicide aurait dû être jugé comme tel plus tôt. »
Une nouvelle constitution de partie civile pour préjudice moral sera examinée le 1er juin 2026.
La possibilité d’un appel
Sylvain Kereneur dispose de dix jours pour faire appel. Son avocat, Maître Boris Chong-Sit, indique que cette option est à l’étude :
« C’est une peine lourde. Nous allons nous entretenir avec notre client pour qu’il puisse décider, en dernier ressort, de l’opportunité d’un appel. »
Une décision qui devrait être prise dans les prochains jours