Trafic, meurtres, extorsions : la justice condamne des membres d'une faction brésilienne en Guyane
La procureure de la République de Cayenne, Aline Clérot, rappelle que les factions criminelles, apparues dans les prisons brésiliennes à la fin des années 1970, sont implantées en Guyane depuis près de 10 ans.
Ces organisations structurées, au fonctionnement hiérarchisé et codifié, se sont développées par le biais des principaux trafics illicites et disposent d'importants moyens financiers. Elles étendent leur influence et cherchent à contrôler les territoires.
Selon le parquet, la FTA opère avec un système très organisé : un état-major baptisé « La Finale », des règles strictes, des recrutements codifiés et des sanctions pouvant aller jusqu'à l'élimination des membres considérés comme traîtres.
Une enquête partie d'un homicide
L'enquête a été déclenchée après l'assassinat de Wemerson Do Rosario Dos Santos, le 16 mars 2024, au squat Bambou à Rémire-Montjoly. L'exploitation de son téléphone par les enquêteurs a permis de mettre en évidence son appartenance à la FTA et d'identifier plusieurs membres de la faction, installés notamment à Cayenne et à Kourou, indique le parquet :
« Les investigations menées par la Section de recherches de Cayenne ont révélé des échanges visant à préparer des assassinats, des vols à main armée, des tentatives d'extorsion et un trafic de stupéfiants »
© Gendarmerie de Guyane
Les chefs de la faction condamnés
Parmi les principales condamnations, deux membres de « La Finale » écopent de 10 ans d'emprisonnement avec maintien en détention. Surnommés « IZI » et « CABELUDO », ils ont été reconnus coupables de participation à une association de malfaiteurs en vue de préparer des crimes, notamment l'assassinat de membres d'une faction rivale. Ce dernier est également frappé d'une interdiction définitive du territoire français.
Le tribunal a également condamné plusieurs autres membres de la FTA à des peines allant de 4 à 8 ans de prison, en fonction de leur rôle dans la planification des meurtres, la logistique ou la gestion de points de trafic. Quatre prévenus ont en revanche été relaxés.
Le parquet indique que trois appels ont été interjetés. Cette affaire illustre le niveau de structuration atteint par les factions implantées en Guyane conclut la procureure Aline Clérot :
« La connaissance approfondie du fonctionnement de la faction, du système de parrainage et de baptême témoigne de l'appartenance à cette organisation criminelle »
Cette affaire intervient après un premier procès, en mai 2025, au cours duquel huit membres de la Familia Terror do Amapá (FTA) avaient déjà été condamnés lors d'une audience placée sous haute sécurité.
Parmi eux figurait Léandro Pereira Da Silva, présenté comme le chef présumé de la faction en Guyane. Il avait été condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour complicité de braquage. Déjà incarcéré pour d'autres faits, son ADN avait été retrouvé sur plusieurs scènes de crime, notamment dans des affaires de meurtre, de séquestration et de vol à main armée.