Ukraine : deux jeunes Guyanais bloqués à Kiev, recrutés par une organisation paramilitaire
Selon les éléments communiqués par Jean-Victor Castor ce jeudi 8 janvier dans « L’invité du 7h » sur Radio Télé Péyi, les deux jeunes seraient partis en Ukraine après avoir été recrutés sur les réseaux sociaux, notamment par des intermédiaires basés au Brésil. Une fois sur place, ils auraient été pris en charge par des recruteurs ukrainiens liés à une organisation paramilitaire appelée « La Revanche internationale », dont l’objectif est de former des volontaires étrangers.
« Ils ont été recrutés sur les réseaux sociaux via des personnes venant du Brésil. Une fois arrivés là-bas, ils se sont retrouvés avec d'autres recruteurs ukrainiens », explique le député. Les jeunes auraient signé des contrats rédigés en ukrainien, sans en comprendre pleinement le contenu, précise le parlementaire guyanais :
« On leur a fait signer des contrats écrits en ukrainien. Ils ont signé sans vraiment savoir ce qu’ils signaient ».
Désertion, arrestation et transfert
Confrontés à la réalité du front, les deux Guyanais auraient décidé de déserter, comme d’autres combattants étrangers. Ils seraient parvenus à franchir la frontière moldave avant d’être interpellés par la police moldave, puis remis aux autorités militaires ukrainiennes. « Ils ont été remis aux autorités militaires ukrainiennes, qui les ont ensuite confiés aux officiers de cette structure paramilitaire », indique l’élu. Selon Jean-Victor Castor, les sanctions encourues dans ce cadre seraient particulièrement sévères :
« On leur avait dit qu’en cas de désertion, cela pouvait aller jusqu’à l’exécution. On n’en est pas là, heureusement, mais les mesures disciplinaires sont extrêmement dures. »
Mobilisation diplomatique française
Alerté par les familles, le député a saisi la cellule de crise du Quai d’Orsay, ainsi que les ministères des Affaires étrangères et de l’Outre-mer. Le préfet de Guyane a également été informé. « Tout le monde est au courant. On met tout en œuvre pour les protéger et faire en sorte qu’ils puissent revenir auprès de leur famille », assure Jean-Victor Castor.
L’ambassade de France aurait pu établir un contact avec l’un des deux jeunes. Mais la situation reste complexe. « Les officiers de la structure paramilitaire ont récupéré leurs passeports, ce qui rend l’action diplomatique difficile », souligne le député.
Un message d’alerte aux jeunes
Jean-Victor Castor lance enfin un appel à la vigilance, notamment à destination des jeunes présents sur les réseaux sociaux :
« Voilà un exemple de choses à ne pas faire. À un moment, les familles n’avaient plus aucun contact avec eux. Ce sont des situations extrêmement dangereuses. »
À ce stade, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités ukrainiennes. Les démarches diplomatiques se poursuivent pour tenter d’obtenir un retour des deux jeunes en France.