Epidémie de bronchiolite : une nouvelle unité ouvre pour les nourrissons les plus fragiles
Selon les dernières données présentées par Santé publique France et l'Agence régionale de santé (ARS), 80 enfants de moins de deux ans ont été hospitalisés plus de 24 heures pour une forme grave depuis le début de l'année, dont 47 au cours des deux derniers mois.
Point de situation ARS, CHU de Guyane, URPS Sage-femme et PMI © Lettre pro ARS
Les services d'urgence du CHU de Guyane ont également enregistré 43 passages pour bronchiolite durant les deux premières semaines de juin, un niveau jugé élevé par rapport aux années précédentes. Les nourrissons de moins de six mois représentent près des trois quarts des cas graves et un tiers sont nés prématurément. La situation reste sous contrôle assure, le Dr Olivier Corseri, réanimateur pédiatre au CHU de Guyane.
« Il s’agit d’une épidémie dont l’intensité est importante. Nous sommes dans une situation tendue, mais contrôlée, stabilisée et sécuritaire grâce à la bonne coordination intrahospitalière et extrahospitalière, avec les partenaires publics et les filières de délestage de la ville. »
Si le virus respiratoire syncytial (VRS) reste le principal responsable de cette épidémie, les autorités sanitaires observent également la circulation d'autres virus respiratoires, comme le métapneumovirus, les entérovirus ou encore le SARS-CoV.
Une nouvelle unité pour mieux prendre en charge les cas sévères
Pour faire face à cette hausse des hospitalisations, le CHU de Guyane a ouvert, le 19 juin, une unité spécifiquement dédiée aux bronchiolites sévères sur son site de Cayenne. Dotée de quatre lits, cette structure accueille les nourrissons nécessitant une oxygénothérapie à haut débit (Optiflow), sans relever de la réanimation, explique Dr Corseri.
« Cette nouvelle unité accueille les nourrissons atteints de bronchiolites sévères qui ont besoin d'une oxygénothérapie à haut débit, mais qui ne relèvent pas d'un service de réanimation. Cela permet d'hospitaliser plus rapidement les enfants qui attendent aux urgences et de désengorger les unités de soins intensifs »

Dr Yvonnick Boué et Dr Olivier Corséri © Lettre pro ARS
Les patients dont l'état s'améliore peuvent également y poursuivre leur prise en charge avant de quitter les soins intensifs, libérant ainsi des places pour les cas les plus graves.
La clinique La Canopée accueille, de son côté, les formes légères nécessitant une hospitalisation, tandis que les sites hospitaliers de Kourou et de Saint-Laurent-du-Maroni participent eux aussi à cette organisation territoriale.
Une immunisation désormais proposée toute l'année
En raison de la circulation permanente du VRS en Guyane, la campagne de prévention est désormais menée toute l'année. Deux stratégies sont recommandées : la vaccination des femmes enceintes entre 32 et 36 semaines de grossesse avec le vaccin Abrysvo®, ou l'administration de l'anticorps monoclonal Beyfortus® au nouveau-né dès la naissance lorsque la mère n'a pas été vaccinée ou que la protection est jugée insuffisante.
À la maternité de Cayenne, l'adhésion des familles est particulièrement encourageante. La semaine de la reprise de la campagne, 54 nouveau-nés ont reçu le Beyfortus®. Lors de la précédente campagne, plus de 1 600 nourrissons avaient été immunisés, , souligne Vanessa Massol, sage-femme coordinatrice au CHU de Guyane :
« Il y a peu de mamans qui refusent que l'on immunise leur enfant. La bronchiolite est une maladie qu'elles connaissent et dont elles voient directement les effets »
L'ARS rappelle que cette stratégie vise à protéger les nourrissons dès leurs premiers jours de vie, période où ils sont les plus vulnérables aux formes graves de la maladie.