Les Tahitiens découvrent le Tour de Guyane : une expérience « très dure » mais riche en enseignements
Pour Hitiarii Cassel, cette première participation permet de mesurer l’écart avec les courses disputées à Tahiti. Le coureur tahitien souligne également la différence de rythme :
« Notre entraîneur Hervé Arcade nous avait déjà prévenus que le niveau ici était élevé et qu’il y avait un peloton beaucoup plus dense que chez nous à Tahiti. Chez nous, nous pratiquons des courses, parfois nous sommes vingt, vingt-cinq au départ et les vitesses ne sont pas les mêmes. Ici, ça va vraiment très vite, on a un peloton très dense. »
Une découverte exigeante, notamment en raison des conditions climatiques. « C’est une belle expérience même si c’est très, très dur au niveau de la chaleur », reconnaît Hitiarii Cassel, qui n’exclut pas un retour : « Pourquoi pas revenir une autre année préparer encore mieux. »
Des routes très différentes de Tahiti
Le profil des routes guyanaises constitue également un changement important pour les coureurs polynésiens. Rodrigue Lozinguez remarque notamment le nombre important de longues lignes droites. À Tahiti, les parcours sont davantage marqués par les virages et le relief côtier, explique-t-il :
« On a beaucoup plus de routes qu’en Polynésie, donc c’est beaucoup de bouts droits. Ça, on n’a pas trop l’habitude. On roule beaucoup sur le tour de l’île, on a l’habitude de longer la mer, mais également d’avoir beaucoup de virages et très peu de bouts droits comme on peut le remarquer en Guyane ».
À cela s’ajoutent le vent et la densité du peloton : « Le fait qu’il y ait beaucoup de lignes droites avec beaucoup de vent et un gros peloton, ça nous change un petit peu de nos habitudes et c’est super. »
Hervé Arcade : « Il ne faut pas avoir de complexe »
À la tête de la sélection tahitienne, Hervé Arcade connaît bien les exigences du Tour de Guyane. Ancien vainqueur de l’épreuve avec la sélection de Martinique, le directeur technique de Tahiti a préparé ses coureurs à cette première expérience. L’entraîneur observe même une évolution dans le comportement de ses coureurs :
« Il y a eu besoin de trois, quatre jours d’adaptation. Mais là, je trouve que maintenant, ils se débrouillent bien. Ils sont contents d’aller frotter, ils sont même contents d’aller faire les sprints. Donc pour nous, c’est une réussite. »
Pour Hervé Arcade, cette participation doit aussi servir de déclic pour le cyclisme tahitien : « J’espère qu’ils seront les porte-flambeaux pour le cyclisme tahitien, pour dire aux autres copains là-bas que rien n’est impossible. Il ne faut pas avoir de complexe et il faut oser venir se concurrencer à d’autres personnes. »
Au-delà du manque de résultats, cette participation restera une expérience marquante pour la sélection. Les Tahitiens ont surtout créé un pont entre deux territoires cyclistes. Et déjà, l’envie de revenir sur les routes guyanaises semble bien présente.