TCSP : la mise en service une nouvelle fois reportée
Après plusieurs reports successifs dans les travaux, les premiers voyageurs du TCSP devront encore patienter. La dernière date annoncée le 23 février 2026 ne sera pas tenue. Une date officiellement annoncée il y a quelques mois par la Communauté d’Agglomération du Centre Littoral (CACL).
Le principal obstacle reste la non-livraison des 16 Bus à haut niveau de service (BHNS) nécessaires au lancement du réseau. À ce jour, un seul véhicule est arrivé en Guyane, réceptionné le 29 décembre dernier. Une situation qui empêche tout démarrage commercial du TCSP dans les délais annoncés.
Des difficultés industrielles majeures chez le constructeur Iveco
En cause, selon la CACL, des difficultés importantes rencontrées par le constructeur Iveco, chargé de la fabrication des bus. Une entreprise récemment réorganisée suite au rachat par le groupe Indien Tata Motors et confrontée à une surcharge de commandes à l’échelle nationale, explique Isabelle Patient, Directrice Habitat, Aménagement et Mobilité à la CACL.
« Il a dû faire face à une grosse commande, notamment de la région Île-de-France, avec près de six cents véhicules commandés. Il a un peu vu les yeux plus gros que le ventre, puisqu’il a dû adapter sa chaîne de production, mais malheureusement la cadence n’a pas suivi ».
À ces difficultés s’ajoutent des problèmes rencontrés par les sous-traitants du constructeur. « Les fournisseurs ont eux-mêmes rencontré des difficultés. Et ça vaut d’ailleurs pour l’ensemble des constructeurs de bus en France. On est dans une conjoncture qui n’est vraiment pas bonne pour la production des matériels roulants », précise Isabelle Patient.
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Une livraison échelonnée jusqu’à la fin du mois de mai
Selon le calendrier désormais communiqué par Iveco, les livraisons se feront de manière progressive jusqu’au 2ème trimestre 2026. « Un deuxième bus arrivera le 14 janvier, un autre en février, puis cinq en mars. En gros, les livraisons seront échelonnées jusqu’au mois de mai », détaille Isabelle Patient.
Or, pour pouvoir lancer le service, la CACL a besoin d’au moins dix BHNS opérationnels. Si les bus sont en grande partie assemblés, certains équipements indispensables manquent encore, empêchant leur mise en circulation.
L’armature du bus existe : la carrosserie, les pneus, le plancher, tout est monté. Ce qui manque aujourd’hui pour nos seize bus, ce sont les rétroviseurs, les boîtiers de vitesse et les portiques anti-agression.
Pour rattraper ces retards, Iveco a réorganisé sa production, mobilisant notamment son site belge et mettant en place des équipes de nuit en trois-huit.
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La CACL passe à l’offensive et applique des pénalités financières
Face à cette situation jugée critique, la CACL a décidé de mettre officiellement Iveco en demeure. Des pénalités contractuelles ont été déclenchées. « La décision prise par le président, c’est d’appliquer des pénalités. Cent mille euros par jour, tant que les engagements ne sont pas respectés », confirme Isabelle Patient. Une mesure destinée à contraindre le constructeur à prioriser la commande guyanaise conclut la directrice :
« Cela a permis de stimuler Iveco pour mettre en priorité les BHNS de la Guyane. On a désormais un engagement clair : les seize bus devraient être livrés au 31 mai. Nous ne pouvons qu’espérer que ce calendrier sera tenu. Quoi qu’il en soit, les pénalités continueront de s’appliquer ».
Une situation similaire qui touche également la Région Ile-de-France. Sa présidente, Valérie Pécresse avait taper du poing le mois dernier concernant des retards de livraison de bus.
Et les travaux encore en cours au centre-ville de Cayenne ?
En parallèle de ces retards de livraison, la CACL se veut rassurante sur l’état d’avancement des derniers travaux sur le tracé modifié récemment. Les aménagements liés au TCSP dans le centre-ville de Cayenne devraient être achevés dans le courant du mois de mars.