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Attente interminable et insécurité : les automobilistes à bout au bac La Gabrielle

En cette période de fêtes de fin d’année, traverser le fleuve Maroni s’est transformé en véritable parcours du combattant. Pour ceux qui souhaite se rendre au Suriname avec leur propre voiture, a Saint-Laurent, de longues files se sont formées provoquant l'exaspération des passagers. Des voyageurs passant la nuit dans la file d'attente ont été agressées par arme à feu. Deux victimes sont gravement blessées dont un artiste de musique urbaine locale. La CTG réagit face à cette situation.

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Des automobilistes sont parfois bloqués pendant plusieurs heures, voire toute une nuit, dans l’attente de franchir la frontière avec le bac La Gabrielle. Un afflux exceptionnel de voyageurs, notamment lié à une capacité jugée insuffisante du bac en période de forte affluence. Une attente prolongée qui a même viré au drame : une famille installé dans la nuit aux alentours du bac a été victime d’un vol à main armée dans la nuit de dimanche à lundi. Deux hommes ont été gravement blessés par balle, dont le chanteur Nono SDT. Sur place, la tension est encore palpable dans la file de véhicules : 

"Je suis la depuis 5h du matin, je suis parti de Kourou, j'attends. C'est dommage que ce genre de situation n'est pas été anticipé", regrette un automobiliste qui perd patience. "C'est la 1ère fois que je prends le bac, si je savais je serai venu plus tôt. Mais bon nous sommes en vacances, on n'est pas pressé", relativise une conductrice.

Le bac La Gabrielle © ABeharyLS - Radio Télé Péyi

Face à cette situation, la CTG a dû réagir dans l’urgence

D’abord en augmentant l’amplitude horaire des traversées en semaine, puis en annançant l’ouverture exceptionnelle du bac, le week-end, habituellement fermé, pour tenter de fluidifier le trafic.

Mais une autre question alimente la colère des usagers : "Je dois me rendre à Nickerie, à la frontière au Guyana. Je ne sais pas quand j'arriverai. Je me demande à quoi sert l'autre gros bateau. Il est là, exposé comme un lointain souvenir ?", s'interroge un autre automobiliste. 

D’une capacité de 22 véhicules contre seulement 8 pour La Gabrielle, le Malani reste toujours à quai. Le nouveau ferry a longtemps été présenté comme un outil de développement économique et de coopération transfrontalière mais le constat est amer du côté du président de la CTG. « Une fois sur place, nos équipes ont découvert que les aménagements ont été mal pensés. La cale n’est pas adaptée à la marée basse, ni à Albina ni à Saint-Laurent », regrette Gabriel Serville, 4 ans et demi après son élection. L'executif territorial annonce que « des travaux supplémentaires seront donc nécessaires, avec toutes les contraintes administratives que l’on connaît dans le lancement de travaux publics et davantage dans le cadre de la coopération transfrontalière. » explique, le président de la CTG.

Le Malani accosté à Saint-Laurent du Maroni © A.BeharyLS - Radio Télé Péyi 

Dans l'urgence, face à l’afflux massif de véhicules constaté ce week-end la collectivité a d’abord élargi les horaires de traversée avec La Gabrielle. « Il a fallu négocier avec les autorités surinamaises pour qu’elles puissent aussi accueillir les visiteurs sur une amplitude horaire plus large », précise le président de la CTG.

Alors pour éviter que ce scénario ne se reproduise, la CTG envisagerait désormais un système de pré-enregistrement des véhicules. « On pourrait s’inspirer de ce qui se fait par exemple pour les voyages en avion », ajoute Gabriel Serville. La collectivité cherche également à recruter en urgence d’autres capitaines capables de diriger ce type de navire, afin d’augmenter les rotations lors des périodes de forte affluence.

En attendant, les automobilistes devront encore composer avec une traversée sous tension, notamment pour le retour des vacances, dans l’espoir que les prochaines périodes de forte affluence soient mieux anticipées.