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Nouvel arrêt pour La Gabrielle, le Malani attendu : la traversée du Maroni reste un casse-tête

À peine un mois après la reprise des rotations, le bac La Gabrielle est de nouveau immobilisé. Entre panne technique, problèmes administratifs et infrastructures défaillantes côté surinamais, la liaison entre Saint-Laurent-du-Maroni et Albina accumule les difficultés. Alors que les usagers doivent à nouveau se rabattre sur les pirogues, la Collectivité territoriale de Guyane mise désormais sur le futur bac Malani. Mais sa pleine exploitation n'est pas attendue avant 2027.

  • Par: adminradio
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Les usagers du Port de l'Ouest ont découvert samedi matin une nouvelle affiche annonçant l'interruption du service. Une situation devenue presque habituelle pour cette liaison transfrontalière stratégique entre la Guyane et le Suriname.

Cette fois, plusieurs facteurs se cumulent. Une panne de la pompe hydraulique du navire, un ponton flottant devenu inutilisable à Albina et l'absence persistante d'un document administratif indispensable à la navigation empêchent toute reprise normale des rotations.

Pour Yoann Applewhite, responsable d'exploitation des bacs La Gabrielle et Malani, le problème administratif traîne depuis plusieurs mois :

« Il nous manque uniquement le certificat de jauge. (...) Cela fait plus de deux mois que nous sommes en attente de ce document. Le capitaine refuse de naviguer sans ce document qui pourrait lui éviter des sanctions administratives. »

À cette contrainte s'ajoute une nouvelle panne majeure sur un navire déjà marqué par les années, explique le responsable d'exploitation :

« La pompe hydraulique a explosé. Elle concerne tout ce qui est direction du navire. Le moteur fonctionne, mais sans cette pompe, nous ne pouvons pas garantir une exploitation dans des conditions optimales de sécurité » 

Des rotations devenues impossibles dans des conditions normales

La dégradation avancée du ponton flottant d'Albina complique davantage la situation. Les autorités portuaires surinamaises estiment qu'il ne permet plus un accostage sécurisé. Désormais, seule la cale béton du futur terminal du Malani peut être utilisée. Mais cette solution de secours présente de nombreuses contraintes, précise Yoann Applewhite :

« Avec le quai du Malani, nous ne pouvons travailler qu'à certaines heures de marée et uniquement avec des véhicules de moins de trois tonnes »

Dans les meilleures conditions, seules deux à trois heures d'exploitation quotidienne seraient possibles. Une capacité largement insuffisante pour absorber le trafic transfrontalier, notamment à l'approche des vacances scolaires.

La CTG reconnaît d'ailleurs que même en cas de reprise rapide du service, celui-ci resterait « fortement dégradé » et ne pourrait répondre aux besoins des usagers.

Le Malani : un serpent de mer enfin en approche

Présenté depuis plusieurs années comme la solution durable aux difficultés de la traversée du Maroni, le bac Malani n'est pourtant toujours pas en service. Les infrastructures d'accostage sont certes achevées depuis février 2026, mais le navire doit encore subir des opérations de maintenance et plusieurs semaines d'essais avant son ouverture commerciale.

Selon le calendrier communiqué par la CTG, le Malani pourrait entrer en service à partir de septembre 2026. Cependant, cette mise en exploitation restera partielle. Dans leur configuration actuelle, les nouvelles cales ne permettent une utilisation optimale qu'à marée haute. Des équipements complémentaires doivent encore être installés afin de rendre les opérations indépendantes des contraintes de marée.

La date annoncée pour cette exploitation complète est désormais fixée à mars 2027. Autrement dit, le bac censé apporter un renforcement de la liaison transfrontalière devra encore patienter plusieurs mois avant de tenir toutes ses promesses.

Un pont sur le Maroni pour sortir de la dépendance aux bacs ?

Face à cette succession de difficultés, le président de la CTG, Gabriel Serville, relance une idée régulièrement évoquée : la construction d'un pont reliant la Guyane au Suriname.

Pour lui, les limites du système actuel démontrent la nécessité d'un investissement structurel porté par l'État. « La CTG ne pourra pas continuer à supporter seule cette lourde charge financière », estime-t-il.

Le président de la collectivité rappelle que le pont sur l'Oyapock avait été financé et piloté par les États français et brésilien.

« Les échanges commerciaux et touristiques entre la Guyane et le Suriname sont aujourd'hui beaucoup plus importants qu'entre la Guyane et le Brésil. Une réflexion sérieuse doit être menée avec l'État français pour construire un pont sur le Maroni »

En attendant, les pirogues traditionnelles restent le seul moyen de rejoindre l’autre rive. À court terme, les usagers devront continuer à s'adapter. 

La CTG espère pouvoir relancer quelques rotations limitées de La Gabrielle dans les prochaines semaines, le temps de trouver les pièces nécessaires et d'identifier des solutions provisoires côté surinamais.