Sécurité

Crash aérien à Matoury : un accident grandeur nature pour tester les secours

Un avion de type A320 s’écrase fictivement à Matoury avec 140 personnes à bord. Pendant plusieurs heures, les services de l’État, les secours et la commune ont été mobilisés pour tester leur capacité à gérer une catastrophe aérienne de grande ampleur dans le cadre du plan ORSEC.

Par Etienne Cornec · 25/09/2026

© image générée par IA
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L’exercice s’est déroulé à Matoury à proximité du débarcadère du chemin de la Levée. Dans le scénario imaginé, l’appareil, qui venait de décoller de l’aéroport Félix-Éboué vers 8h30, a été victime d’une avarie avant de tenter de faire demi-tour.

L’avion disparaît ensuite des radars et s’écrase dans le secteur de la Levée. Le bilan fictif fait état de 32 morts et 30 survivants, pris en charge par les secours.

Notre journaliste Etienne Cornec a suivi l’exercice dans les conditions d’un véritable reportage, avec des figurants et des intervenants jouant leurs rôles.

Des secours mobilisés sur plusieurs sites

Pompiers, gendarmes, policiers, représentants du parquet et services de l’État ont été mobilisés pour sécuriser la zone, rechercher les victimes et organiser leur prise en charge. Des hélicoptères de la Sécurité civile ont également participé aux opérations. Des témoins découvrent la scène après le crash : 

« J’ai constaté qu’il y avait quelques blessés, mais surtout des gens qui étaient sans vie », raconte Carl, témoin fictif de l’accident.

Un autre témoin, qui pêchait à proximité, décrit une scène particulièrement difficile.

« C’était très impressionnant. Croyez-moi que j’ai perdu mes moyens et que j’ai même oublié mes gestes de premiers secours sur le coup. »

Le premier bilan est lourd. 32 personnes ont perdu la vie et 30 ont été retrouvées vivantes. Elles ont été prises en charge par les services de secours, mais les opérations ne sont pas terminées, explique le directeur de cabinet du préfet de Guyane, Jean-Luc Tarrega : 

“Les opérations sont évidemment toujours en cours puisque la zone est relativement étendue et le crash génère de la complexité dans les recherches. Je voulais faire passer un message à la population et notamment aux automobilistes d'éviter ce secteur qui va être fortement emprunté. Donc, si c'est possible, il faut éviter de circuler dans le secteur jusqu'à la fin des opérations de secours”  

Une cellule psychologique a été ouverte pour accompagner les familles des victimes. David Grousset, adjoint au maire de Matoury, tient à les soutenir : 

“Je tiens à présenter toutes mes condoléances et puis nous ferons, nous, tout ce qui est en notre pouvoir pour soutenir les familles. Donc, il faut surtout qu'ils viennent à la maison de formation, les accompagner dans leurs démarches et les soutenir dans cette épreuve très difficile.” 

Tester la coordination des services

Au-delà du scénario, l’objectif était de tester la coordination des différents acteurs. Jean-Luc Tarrega, directeur de cabinet du préfet de Guyane, insiste sur l’importance de répéter ce type d’intervention : 

« Le premier enseignement, c’est celui de la nécessité d’une régularité, d’ancrer un certain nombre de réflexes chez tous les partenaires pour améliorer, optimiser la coordination. »

L’exercice devait également permettre de tester la gestion des victimes et l’accompagnement des familles, avec notamment la mise en place d’une cellule psychologique.

Pour la commune de Matoury, où se situe l’aéroport Félix Eboué, cet exercice grandeur nature permet également d’identifier les difficultés et les points à améliorer, souligne David Grousset, l’adjoint au maire adjoint chargé de l’habitat :  

« Répété, ça permet de savoir ce qu’il faut faire et que chacun trouve sa place dans un dispositif réel » 

Dans le scénario, le parquet de Cayenne devait également ouvrir une enquête afin de déterminer les causes de l’accident. Les enquêteurs étaient chargés de sécuriser la zone, rechercher la boîte noire et analyser les éléments techniques de l’appareil.

« L’enquête va d’abord se concentrer sur les lieux du crash, essayer de récupérer la boîte noire de l’appareil », explique Damien Michel, représentant fictif du Parquet.

La préfecture entend renouveler régulièrement ce type d’exercice afin d’entretenir les réflexes des différents services et d’améliorer leur capacité à intervenir face à une catastrophe réelle. « La pédagogie, c’est l’art de la répétition et l’entraînement, c’est le drill », conclut Jean-Luc Tarrega.

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