CTU ICT Week 2026 : « Nous ne voulons plus regarder la Caraïbe à distance , nous voulons innover et grandir avec elle »
Cinq jours pour définir une politique numérique commune. Depuis dimanche et jusqu’au 24 septembre, Cayenne accueille la CTU ICT Week 2026. Cette semaine stratégique de l’Union des télécommunications de la Caraïbe réunit ministres, décideurs publics, régulateurs et acteurs du numérique autour de quatre priorités : la résilience, l’inclusion, la cybersécurité et l’innovation. Pour la Guyane, récemment devenue membre associé de la CTU puis de la CARICOM, l’événement constitue une nouvelle étape dans son intégration régionale.
Par Arnaud Behary-Laul-Sirder · 22/09/2026

Depuis dimanche et ce jusqu'au 24 septembre, les représentants des 21 États et territoires membres de la CTU échangent sur les grands enjeux numériques de la région : connectivité, intelligence artificielle, cybersécurité, gouvernance des données, innovation et infrastructures. L’un des principaux objectifs est de parvenir à davantage de coordination entre des pays qui disposent pourtant de législations et de cadres réglementaires différents.
Pour Dominic Alexander Smith, président de l’Union des télécommunications de la Caraïbe et ministre de l’Administration publique et de l’Intelligence artificielle de Trinité-et-Tobago, cette coopération doit notamment permettre de mutualiser les ressources et les compétences :
« Nous mettons en place des standards de politiques publiques qui sont uniformisés. Nous répondons aux défis de l’IA et de la cybersécurité. »

La CTU ICT Week doit également permettre de renforcer les échanges entre les régulateurs, les entreprises technologiques, les chercheurs et les acteurs publics de la région.
La Guyane veut prendre sa place dans la Caraïbe
L’accueil de cette édition 2026 revêt une dimension particulière pour la Guyane. Le territoire est devenu récemment membre associé de la CTU le 5 mai dernier, avant son adhésion à la CARICOM le 7 juillet.
Représentant le président de la Collectivité Territoriale de Guyane, Gabriel Serville, lors de la cérémonie d’ouverture, le premier vice-président Jean-Paul Ferreira a présenté cette double adhésion comme une nouvelle étape de l’intégration régionale :
« Nous ne voulons plus regarder la Caraïbe à distance. Nous voulons travailler avec elle, innover avec elle et grandir avec elle. »

Pour la CTG, la Guyane ne souhaite pas seulement participer aux instances régionales, mais également y faire valoir ses compétences et ses infrastructures, notamment dans les domaines spatial et numérique. Cette position est également soulignée par Dominic Alexander Smith. Le ministre trinidadien estime notamment que la Guyane peut apporter son expertise sur les infrastructures et le câble sous-marin, tout en bénéficiant en retour de l’expérience des autres territoires membres. :
« Nous sommes tous un point de support en matière d’expertise et d’ingénierie. […] Maintenant que la Guyane est membre de la CTU, nous faisons partie d’un collectif uni. »
Résilience et inclusion numérique au cœur des échanges
La question de la résilience des infrastructures constitue l’un des axes majeurs de cette semaine. Dans des territoires confrontés à l’éloignement, aux risques climatiques ou aux vulnérabilités des réseaux, la continuité des communications est considérée comme un enjeu stratégique. Dans son discours d’ouverture, Jean-Paul Ferreira a également insisté sur la nécessité de réduire les fractures numériques du territoire :
« Le progrès numérique ne peut pas s’arrêter aux portes de nos villes. Il doit atteindre les communes de l’intérieur, les villages situés le long de nos fleuves, les personnes en situation de handicap, les familles les plus fragiles. »
La coopération régionale doit ainsi permettre de développer une connectivité plus accessible et adaptée aux réalités des territoires caribéens.

L’intelligence artificielle et la cybersécurité sous surveillance
Autre sujet central de la CTU ICT Week : l’essor de l’intelligence artificielle et les risques qui l’accompagnent. Les participants doivent notamment aborder les questions liées à la cybersécurité, à la souveraineté et à l’utilisation responsable des technologies émergentes telles que l’IA. Dominic Alexander Smith souligne la nécessité de mettre en place des garde-fous communs :
« Nous serons les premiers à suivre les pays membres qui ont des moyens importants pour mettre en place des freins et des barrières contre la malveillance de l’IA. »
La cybersécurité occupe également une place importante dans les discussions. Pour Jean-Paul Ferreira, la protection des infrastructures et des données est devenue indissociable du développement numérique :
« Renforcer notre cybersécurité, c’est protéger nos hôpitaux, nos collectivités, nos entreprises, nos infrastructures et les données de nos concitoyens. »
La CTU ICT Week 2026 intervient également à quelques mois de la Conférence de plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications, prévue en 2026. L’objectif est notamment de renforcer la coordination entre les acteurs caribéens afin que leurs priorités soient davantage prises en compte dans les discussions internationales sur le numérique.
Au programme de cette semaine figurent notamment la Conférence des ministres responsables des TIC, le 24e Séminaire ministériel stratégique sur les TIC, des rencontres entre régulateurs, ainsi que des activités consacrées à l’innovation et à la mise en réseau des entrepreneurs.
Pour la Collectivité Territoriale de Guyane, cette CTU ICT Week doit déboucher sur des coopérations concrètes, notamment pour les entreprises, les chercheurs et la jeunesse. Jean-Paul Ferreira résume cette ambition en une formule : « Cette CTU ICT Week n’est donc pas un aboutissement. Elle est un point de départ. »




