Route du fleuve : la sécheresse relance le débat sur le désenclavement au Sénat
Face à la sécheresse exceptionnelle qui touche la Guyane, le sénateur Rodolphe Alexandre relance le débat sur la route du fleuve. Pour l'élu, la baisse du niveau des cours d'eau et les difficultés de circulation dans l'intérieur du territoire montrent l'urgence de désenclaver les communes isolées. Mais le gouvernement estime que la construction de plusieurs centaines de kilomètres de routes ne constitue pas, à elle seule, une réponse adaptée aux besoins de la Guyane.
Par La rédaction PÉYI · 06/11/2026

La question de la route du fleuve revient au premier plan de l'actualité guyanaise. Mardi, lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat, Rodolphe Alexandre a interpellé le ministre des Transports, Philippe Tabarot. Le sénateur a notamment mis en avant les conséquences de la sécheresse historique qui frappe actuellement le territoire.
Avec la baisse du niveau des fleuves, les déplacements deviennent particulièrement difficiles, voire dangereux, dans plusieurs secteurs de l'intérieur. Une situation qui a même nécessité le recours à des hélicoptères pour transporter des élèves vers leurs établissements scolaires, dans le cadre du dispositif ORSEC. Pour Rodolphe Alexandre, cette crise démontre la nécessité de disposer d'une autre solution de transport pour les populations de l'intérieur.
« Les circulations sur le fleuve sont quasiment impossibles ou dangereuses, au point où le préfet, dans le cadre du plan ORSEC, a dû prendre des hélicoptères pour amener les gamins dans les lycées et les collèges »

Un projet ancien, régulièrement relancé
La route du fleuve est un projet d'aménagement de longue date, qui vise à améliorer la desserte des communes de l'intérieur, notamment le long du Maroni, et à réduire leur isolement. Depuis plusieurs décennies, cette perspective revient dans les débats politiques et institutionnels, sans qu'un itinéraire complet ait été réalisé. Les difficultés sont importantes : coûts de construction et d'entretien, contraintes géographiques et environnementales, mais aussi concertation avec les populations concernées.
Au Sénat, Rodolphe Alexandre a également soulevé deux autres sujets : les risques de contamination au mercure liés à l'orpaillage illégal, notamment en période de sécheresse, ainsi que la nécessité de réaliser une cartographie du territoire par technologie LIDAR afin de mieux connaître les ressources en eau et les cours d'eau guyanais.
Pour l'État, la route ne peut pas être la seule réponse
Sur les trois questions du sénateur, le ministre des Transports n'a répondu que sur le projet routier. Philippe Tabarot a rappelé que le contrat de convergence et de transformation 2024-2027 prévoit 148 millions d'euros pour le réseau routier national, avec une priorité donnée aux axes littoraux, où se concentre 90 % de la population.

Pour desservir l'intérieur, le gouvernement défend plutôt une complémentarité entre les transports fluviaux, aériens et routiers. Le ministre estime que la construction de plusieurs centaines de kilomètres de routes serait une solution coûteuse, longue à mettre en œuvre et susceptible d'avoir des conséquences environnementales importantes.
« La construction de centaines de kilomètres de routes ne serait ni la réponse la plus immédiate ni la plus durable compte tenu des coûts, des enjeux environnementaux et des délais »
Sept itinéraires à l'étude
Le ministre a toutefois rappelé que la CTG a engagé cinq millions d'euros pour étudier sept itinéraires possibles. À l'issue de ces études, l'État examinera les modalités de son accompagnement.
Philippe Tabarot a également souligné que l'État avait déjà financé à hauteur de 7,5 millions d'euros l'aménagement d'une piste. Un premier tronçon de près de 13 kilomètres a été réalisé, tandis que les 31 kilomètres de l'itinéraire sont entretenus entre Maripasoula et Papaïchton.





