El Niño menace la Guyane d’une sécheresse exceptionnelle, les autorités se préparent
Après un mois de juillet marqué par un déficit de pluie de 49 %, puis de 67 % en août, la Guyane se prépare à une saison sèche particulièrement difficile. Le phénomène El Niño, qui pourrait se prolonger jusqu’en 2027, fait déjà peser des risques sur les fleuves, l’agriculture, l’approvisionnement en eau et la navigation.
Par Etienne Cornec · 09/09/2026

Selon Météo-France Guyane, la situation observée cet été est exceptionnelle. Le mois de juillet a été le moins arrosé depuis plusieurs décennies, avec un déficit de précipitations de 49 % par rapport aux normales. En août, la situation s’est encore aggravée avec 67 % de pluie en moins.
Patrick Ranson, responsable du centre météorologique de Guyane, alerte sur l’intensité du phénomène. Le météorologue estime que les prochains mois resteront très secs et appelle également à la vigilance pour 2027 :
« Cette année, on entre dans un phénomène d’une ampleur jusque-là inégalée. On est inquiet pour 2026, mais également inquiet pour 2027. »
Fleuves, agriculture et eau potable sous pression
La baisse des précipitations entraîne déjà une diminution du niveau des principaux fleuves. Le Maroni et l’Oyapock, essentiels à la navigation et à l’approvisionnement de certaines communes de l’intérieur, pourraient être particulièrement affectés dès la fin septembre.
« En premier, je pense à l’hydrologie, aussi bien la navigation fluviale sur les artères vitales comme le Maroni et l’Oyapock, mais aussi l’alimentation en eau potable », explique Patrick Ranson.
La sécheresse menace également les cultures et augmente le risque de feux de végétation. Autre conséquence redoutée : la remontée des eaux salées lorsque le niveau des fleuves devient trop bas, pouvant compliquer certains captages d’eau.
Les autorités se préparent se préparent
Face à cette situation, les services de l’État, la CTG, les communes, Météo-France et EDF renforcent leur coordination. « Les services de l’État (...) se préparent et se coordonnent pour anticiper les risques et agir efficacement face aux épisodes de chaleur à venir », indique la préfecture.
Un plan ORSEC pourrait être réactivé pour anticiper la baisse du Maroni. Si la navigation devient impossible, le transport de marchandises pourrait être remplacé par des moyens aériens. Le fret fluvial pourrait être remplacé par du transport aérien, grâce notamment aux avions de Van Air, Guyane Express Fly et aux Casa des Forces armées. EDF renforce également ses stocks de carburant pour sécuriser l’alimentation électrique des centrales thermiques de Papaïchton, Grand-Santi et Maripasoula.

EDF se prépare notamment à maintenir l’approvisionnement en carburant des centrales thermiques de Papaïchton, Grand-Santi et Maripasoula. L’entreprise prévoit d’augmenter ses réserves et d’installer de nouvelles capacités de stockage.
La Chambre d’agriculture, de son côté, appelle les exploitants à signaler les éventuels dégâts sur leurs parcelles. La Guyane avait déjà connu des épisodes de sécheresse exceptionnels en 2023 et 2024, ayant conduit à la reconnaissance de l’état de calamité agricole.





