Sénatoriales 2026 : dix candidats pour deux sièges en Guyane
Le 27 septembre prochain, les grands électeurs guyanais seront appelés à désigner les deux prochains nouveaux sénateurs de la Guyane. Un scrutin marqué par le renouvellement complet de la représentation du territoire au Sénat, puisque Marie-Laure Phinéra-Horth et Georges Patient ont décidé de ne pas briguer un nouveau mandat. Dix candidats se sont, à ce stade, fait connaître, avec des profils et des sensibilités politiques très variés.
Par Arnaud Behary-Laul-Sirder · 08/09/2026

Après plusieurs années au Palais du Luxembourg, Marie-Laure Phinéra-Horth et Georges Patient ont choisi de ne pas se représenter. Marie-Laure Phinéra-Horth avait notamment annoncé sur Radio Télé Péyi qu’elle ne souhaitait pas briguer un deuxième mandat. Georges Patient, de son côté, passe également le flambeau après trois mandats depuis 2008.
Cette décision ouvre donc une nouvelle bataille électorale pour les deux sièges réservés à la Guyane. En 2020, six candidats s’étaient présentés au scrutin sénatorial. Cette année, la compétition s’annonce plus ouverte avec dix candidatures déclarées. L’ensemble des candidats ont d’ailleurs présenté leur projet aux élus de la CTG ce samedi 5 septembre, à l’hôtel territorial.
Hélène Sirder, seule femme en lice et une maîtrise du droit
Parmi les candidats, Hélène Sirder est pour l’heure l’unique femme. Avocate de profession, elle possède une longue expérience politique et institutionnelle.Ancienne première vice-présidente de la Région Guyane puis de la Collectivité territoriale de Guyane sous la présidence de Rodolphe Alexandre, elle a également présidé le Parc naturel régional de Guyane.

Elle a par ailleurs siégé au Conseil économique, social et environnemental, au sein du groupe consacré notamment à la cohésion sociale et territoriale et à la vie associative.
Son expérience juridique pourrait constituer un atout dans une assemblée où la maîtrise du processus législatif occupe une place centrale.
Rodolphe Alexandre une large expérience des collectivités
Hélène Sirder devra notamment faire face à Rodolphe Alexandre, avec lequel elle a longtemps travaillé politiquement. Ancien maire de Cayenne, ancien président de la Région Guyane puis de la CTG, Rodolphe Alexandre dispose d'une importante expérience des collectivités territoriales et des institutions nationales. Il a également fondé le parti Guyane Rassemblement.

Depuis sa défaite aux élections régionales de 2021, il siège dans l’opposition à la Collectivité territoriale de Guyane. Cette nouvelle candidature lui permet de tenter un retour sur la scène politique mais au niveau national.
Roger Aron, premier candidat déclaré et un ancrage territorial
Roger Aron a été le premier à officialiser sa candidature en juin 2026. Proche du président de la CTG Gabriel Serville, il est actuellement 7ᵉ vice-président de la Collectivité territoriale de Guyane, chargé notamment de l’agriculture, de la pêche, de la souveraineté alimentaire et chargé des questions sur l’évolution statutaire.

Parmi les sujets qu’il souhaite porter au Sénat figurent notamment le foncier, la fiscalité des communes et la biodiversité. Son positionnement pourrait lui permettre de compter sur une partie des élus de la majorité territoriale, même si elle représente une infime partie des grands électeurs.
Rollin Bellony repart au combat
Président de la Ligue contre le cancer depuis avril 2026, il est également connu pour son engagement associatif, notamment à travers la Pirogue humanitaire, qui vise à apporter des soins aux populations des communes isolées de Guyane. Il est aussi impliqué dans le football guyanais.

Déjà candidat en 2020, Rollin Bellony avait obtenu 95 voix, soit 18,92 % au premier tour. Au second tour, battu par Marie-Laure Phinéra-Horth, il avait recueilli 47 voix, soit 9,49 % des suffrages exprimés. Pour cette nouvelle campagne, il met notamment en avant la territorialisation de la santé, l’économie et l’évolution statutaire.
Patrick Lecante mise sur son expérience locale
Patrick Lecante possède lui aussi une solide expérience politique locale. Il a été maire de Montsinéry-Tonnégrande pendant 18 ans avant de choisir de ne pas solliciter un nouveau mandat municipal. Il préside actuellement le Comité de l’eau et de la biodiversité de Guyane.

Avec une sensibilité de gauche et environnementale, l’ancien maire pourrait notamment chercher à mobiliser ses anciens collègues élus municipaux et communautaires.
Ryan Persaud, une nouvelle génération politique
À l’inverse, Ryan Persaud représente un nouveau visage en politique mais avec une forte expérience en collectivité. Conseiller municipal de la majorité à Mana depuis mars dernier, il est directeur au sein de la société SPGS dans le secteur de la pêche. Il a également travaillé comme cadre dans un hypermarché en Guyane et comme collaborateur au sein de la présidence de la CTG lorsque Rodolphe Alexandre dirigeait la collectivité. Il fut également assistant parlementaire de Chantal Berthelot.
Le candidat souhaite mettre en avant une double expérience, à la fois institutionnelle et économique, et apporter un regard neuf au Sénat.
Jean-Yves Mirakoff sans investiture cette fois
Jean-Yves Mirakoff est également candidat. Il s’était présenté aux élections législatives de 2024 sous les couleurs de Nouvelle Force de Guyane, le mouvement de Marie-Laure Phinéra-Horth. Cette fois, il se lance dans la course aux sénatoriales sans l’investiture du parti, ce qui peut témoigner de certaines divergences au sein du mouvement.

Ancien directeur commercial à Air France, il est aujourd’hui chef d’entreprise dans le secteur du transport en Guyane. Il entend notamment faire valoir son expérience du monde économique et des grandes entreprises.
Victor Joseph vise une nouvelle fois le Parlement
Victor Joseph, inspecteur pédagogique régional en lettres-anglais de l’Éducation nationale et ancien secrétaire général adjoint du Parti socialiste guyanais, figure également parmi les candidats.
Conseiller municipal de la majorité à Rémire-Montjoly, il avait été annoncé candidat aux élections législatives de 2022 avant de se retirer. Mais son ambition parlementaire ne date pas d’hier. En 1997, il s’était déjà présenté aux élections législatives. Il avait alors obtenu 20,35 % des suffrages au premier tour, avant d’être battu par Christiane Taubira au second.
Gérard Amayota et Ronan Malarme : deux candidatures dévoilées récemment
Alors que plusieurs candidats avaient annoncé leur intention depuis plusieurs semaines, deux candidatures ont été dévoilées plus récemment.
Gérard Amayota, ancien maire d’Apatou de 2001 à 2008, ancien conseiller général et régional et ancien vice-président de la CCOG, fait son retour dans la vie politique électorale. Il compte notamment sur son expérience et sur ses relais dans l’Ouest guyanais.
Autre candidature inattendue : encore inconnu en politique, il y a quelques jours, Ronan Malarme, portera les couleurs du Rassemblement national. Chef d’entreprise installé en Guyane depuis 2020, il souhaite permettre au parti d’extrême droite de renforcer son implantation locale après le score réalisé par Marine Le Pen lors du premier tour de l’élection présidentielle en Guyane.

Un scrutin particulièrement ouvert
Avec dix candidats pour deux sièges, les sénatoriales du 27 septembre s’annoncent donc particulièrement disputées.
La diversité des profils, anciens présidents et maires, élus territoriaux, responsables associatifs, représentants politiques et acteurs du monde économique traduit aussi les différentes stratégies mises en place pour convaincre les 480 grands électeurs guyanais.
Mais au-delà des personnalités, c’est aussi la capacité de chaque candidat à construire des alliances et à mobiliser les élus municipaux et territoriaux qui pourrait faire la différence.
Les dépôts de candidatures se tiennent cette semaine du 7 au 11 septembre. Le 27 septembre en préfecture, ce qui est certains deux nouveaux noms sortiront des urnes pour représenter la Guyane au Sénat.





