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L’Effet Morpho en difficulté à l’heure de la rentrée des élèves de l’intérieur vers le littoral

L’association L’Effet Morpho annonce la suspension d’une partie de ses missions, après le blocage de l’intégralité de sa trésorerie. Une saisie administrative engagée le 31 août à la demande de la CTG intervient alors que la structure prépare la rentrée scolaire de plusieurs dizaines d’enfants de l’intérieur de la Guyane.

Par Etienne Cornec · 03/09/2026

© A.BeharyLS - Radio Télé Péyi Guyane
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Dans un communiqué publié cette semaine, L’Effet Morpho annonce la suspension de ses missions. L’association, implantée notamment à Trois-Sauts, explique que ses comptes ont fait l’objet d’une saisie administrative, bloquant l’ensemble de sa trésorerie.

La structure affirme avoir proposé un échéancier pour le remboursement d’une dette envers la CTG, sans obtenir, selon elle, de réponse permettant de débloquer la situation. Elle dénonce également le non-versement de plusieurs acomptes de subventions de la CAF, notamment celles destinées à ses dispositifs d’accompagnement pour la rentrée scolaire. Pour Myriam Dufay, directrice de L’Effet Morpho, les difficultés financières remontent à 2024 :

« On avait demandé une aide exceptionnelle qui nous a accordé un prêt remboursable. Et franchement, ce prêt, il a permis à L’Effet Morpho d’exister, de tenir toute l’année 2025. »

Mais l’association affirme avoir perdu 240 000 euros de subventions de la CAF en 2025, ce qui l'a empêchée de rembourser les 300 000 euros avancés par la CTG au 31 décembre.

« On n’a pas pu rembourser la CTG au 31 décembre 2025 comme prévu. On a fait une demande d’échéancier. (…) Mais malgré ça, en fait, on a eu une saisie sur le compte qui a bloqué toute la trésorerie qu’on a actuellement pour le dispositif de rentrée scolaire. »

Des enfants et des familles directement concernés

Cette situation intervient alors que l’association accompagne près de 500 adhérents et allocataires, dont des familles et des élèves venus de l’intérieur de la Guyane pour poursuivre leur scolarité sur le littoral. Selon L’Effet Morpho, certains ont déjà effectué le déplacement à leurs propres frais, pour des montants pouvant atteindre 900 euros. La directrice alerte sur les conséquences du blocage financier :

« Déjà, on ne peut pas verser les salaires de l’équipe qui est auprès des enfants et des familles. On ne peut pas payer non plus les loyers, donc le foyer qui accueille les familles de l’intérieur de passage sur le littoral. »

L’association estime qu’environ 115 enfants doivent être accueillis dans le cadre de la rentrée. « On n’a pas les moyens de les accueillir, de payer les prestataires d’hébergement, de transport, de mobilité et de restauration. »

La CTG apporte ses précisions et pointe le rôle de l’État

De son côté, la Collectivité territoriale de Guyane assure avoir accompagné L’Effet Morpho dans ses difficultés financières. Son directeur général des services, Grégoire Michaud, rappelle que la CTG avait accordé une avance de 300 000 euros à l’association.Selon lui, la CTG avait également accepté le principe d’un report du remboursement. Grégoire Michaud précise toutefois que la saisie n’a pas été directement décidée par la collectivité.

« La collectivité, effectivement, pour lui permettre de passer la période, justement, lui a fait cette avance de fonds de 300 000 euros. Ce n’est pas nous qui avons la main sur ces saisies. (…) C’est un organe de l’État, de la DRFIP, qui fait le recouvrement pour nous. »

La CTG indique avoir repris contact avec l’association et avec la structure chargée du recouvrement afin de suspendre la saisie et trouver une solution.

« On est en train effectivement de trouver des solutions et de débloquer ça. (…) Normalement, ça devrait se régler rapidement, probablement d’ici la fin de la semaine. »

Le maire de Camopi appelle à protéger les enfants

La situation suscite également l’inquiétude du maire de Camopi, Laurent Yawalou. Il appelle à ne pas faire subir aux enfants les conséquences des difficultés financières de l’association.

« Ce sont des enfants qui sortent quand même de l’intérieur de Trois-Sauts vers un inconnu et un hasard pour la plupart sur Cayenne. »

L’élu rappelle que certains élèves découvrent pour la première fois la vie scolaire sur le littoral et peuvent avoir besoin d’un accompagnement important, notamment en matière de logement, de transport ou de santé.

L’État promet qu’aucun élève ne restera sans solution

Face aux difficultés rencontrées par plusieurs familles, l’État a ouvert hier et aujourd’hui un guichet unique à la Maison des communes de Guyane à Rémire-Montjoly pour accompagner les élèves de l’intérieur dans leurs démarches administratives. La sous-préfète de l’arrondissement de Cayenne, Houda Vernet, assure que les élèves qui n’ont pas encore pu rejoindre le littoral seront pris en charge.

« Aucun élève, que ce soit collégien ou lycéen, ne restera sans solution. Ils vont être pris en charge. »

Les services de l’État doivent notamment recenser les élèves qui n’ont pas encore été acheminés vers le littoral afin de mettre en place les solutions nécessaires.

L’association sera malgré tout présente aujourd’hui au guichet unique de Rémire-Montjoly. Elle prévient cependant qu’en raison du blocage de ses comptes, elle ne pourra pas accompagner l’ensemble des collégiens et lycéens qu’elle suit habituellement.


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