Téléphone portable interdit au lycée : une rentrée sous le signe de l’adaptation
Depuis la rentrée, les lycéens doivent composer avec une nouvelle règle : l’utilisation du téléphone portable est désormais interdite dans les établissements. Au lycée Michotte à Cayenne, les élèves sont partagés entre compréhension de la mesure et frustration face à cette nouvelle contrainte.
Par Etienne Cornec · 02/09/2026

Après les écoles et les collèges, l’interdiction du téléphone portable s’étend désormais aux lycées. L’objectif affiché par le gouvernement est de lutter contre la surexposition aux écrans, favoriser la concentration et prévenir notamment les risques liés au cyberharcèlement.
Dans les établissements, les modalités pratiques sont définies par le règlement intérieur. Les téléphones peuvent notamment être rangés dans des casiers, des pochettes ou des espaces prévus à cet effet.
À Michotte, des avis partagés
Au lycée Michotte de Cayenne, les élèves rencontrés accueillent diversement cette nouvelle règle.
« J’aurais accepté au collège, mais au lycée, on en a vraiment besoin », estime Stelio, qui regrette notamment de ne plus pouvoir consulter facilement l’heure ou utiliser son téléphone pendant les pauses. Pour Boris, le portable permettait aussi de se détendre entre deux cours :
« On ne va rien faire durant les pauses. Vu qu’on a déjà le bac qui va stresser, on ne peut pas se déstresser un peu. »
Ethan, lui, reconnaît l’utilité du téléphone pour certains usages :
« J’ai besoin de mon portable de temps en temps, pour pouvoir travailler, regarder des vidéos ou des films. »

D’autres élèves se montrent plus favorables. Mélissa estime que la mesure est positive et qu’il faudra simplement s’habituer :
« Moi, je trouve que c’était bien. Après, on va s’habituer au fur et à mesure. »
Harold, de son côté, assure être déjà habitué à vivre sans téléphone au lycée :
« Ça ne va rien changer pour moi personnellement. Je suis habitué à ne pas avoir mon téléphone sur moi. »
Les parents s’interrogent sur la mise en œuvre
Pour Aïssatou Chambaud, présidente de la Fédération autonome des parents d’élèves et étudiants de Guyane (FAPEEG), le principe de l’interdiction peut s’entendre, mais son application aurait nécessité davantage de préparation. Elle pointe notamment le manque de précisions sur les moyens et les procédures à mettre en place.
« Les chefs d’établissement auront beaucoup de travail, surtout qu’ils n’ont pas beaucoup plus d’éléments que ça. Il n’y a rien qui est décliné en termes de procédures, en termes de moyens éventuellement alloués pour mettre en œuvre cette disposition. »

La représentante des parents souligne également un paradoxe : alors que les élèves sont encouragés à utiliser les outils numériques pour certains apprentissages, leur téléphone est désormais fortement encadré. « On est dans l’ère du numérique, donc on trouve ça un peu paradoxal. »
Édouard Geffray reconnaît un démarrage difficile
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, assume cette nouvelle règle tout en reconnaissant que son application pourrait être compliquée dans les premières semaines.
« L’interdiction risque d’être un peu difficile à faire respecter au début », a-t-il reconnu lors de sa conférence de presse de rentrée.
Le ministre estime toutefois que cette difficulté ne remet pas en cause le principe de la mesure. Selon lui, les téléphones doivent être éteints et rangés, notamment dans les sacs ou les casiers.
Chaque lycée dispose par ailleurs d’une marge de manœuvre pour définir les modalités d’application et prévoir certaines exceptions, notamment pour des usages pédagogiques ou des situations particulières.





