Faits divers

Qui était l’artiste guyanais Badbay Mono abattu en plein jour à Novaparc ?

Le chanteur guyanais Badbay Mono, de son vrai nom Christopher Robinson, a été tué par arme à feu ce mercredi 23 septembre à Cayenne. Il était nominé aux LINDOR ce samedi où il devait se produire sur la scène du Zéphyr. Son décès porte à 43 le nombre d’homicides enregistrés en Guyane depuis le début de l’année.

Par La rédaction PÉYI · 24/09/2026

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Les faits se sont produits vers 14 heures, près de son domicile dans le secteur de Novaparc, à proximité de la résidence Les Jardins de l’Union. Christopher Robinson a été pris pour cible entre deux véhicules et aurait reçu au moins quatre balles. L’une des blessures aurait notamment atteint la tête.

Grièvement blessé, le chanteur a été pris en charge par les secours puis transporté au CHU de Guyane. Son décès a été confirmé dans l’après-midi par la police, indiquent nos confrères de France Guyane.

Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances précises des faits et d’identifier le ou les auteurs. Les investigations ont été confiées au Service territorial de police judiciaire.

À ce stade, plusieurs hypothèses circulent sur les circonstances du meurtre, mais elles n’ont pas été confirmées par les autorités. 

Un artiste de la scène dancehall guyanaise

Christopher Robinson, connu sous le nom de scène Badbay Mono, était issu du quartier Pascaline, à Cayenne. Né en Guyane de parents saint-luciens, il découvre la musique aux côtés de son frère, avant de rejoindre le groupe Kalajirou à Zéphir comme percussionniste.

Au lycée, sa rencontre avec Ken Vybz va contribuer à son évolution vers le chant. Il se fait ensuite connaître dans la scène urbaine guyanaise, notamment dans le dancehall et le trap dancehall, et collabore avec plusieurs artistes, dont Killi. Il avait notamment intégré le collectif Sematawy et sorti plusieurs projets au cours de sa carrière. 

Dans une interview accordée à France-Guyane quelques semaines avant sa mort, l’artiste revenait sur son parcours, la prison et les épreuves traversées. Il expliquait utiliser sa musique pour raconter son vécu et avertir les plus jeunes de ne pas reproduire certaines de ses erreurs. Sur ses réseaux, Badbay Mono annoncait la sortie d'un nouveau titre sur YouTube

Son univers musical et visuel est toutefois controversé et parfois critiqué. Plusieurs de ses clips mettent en scène des armes à feu, des stupéfiants ou encore des scènes de violence. Des éléments qui participent à une esthétique revendiquée de la musique urbaine, mais qui ont également suscité des réactions et des critiques sur la violence et la drogues exhibés.

Il devait se produire aux Lindor ce week-end

La disparition de Badbay Mono intervient alors qu’il devait participer aux Lindor de la musique guyanaise 2026, prévus ce samedi 26 septembre au Zéphyr  à Cayenne.

L’artiste était nommé dans deux catégories : single - musique urbaine, pour son titre Victoria, et révélation guyanaise de l’année. Il devait également monter sur scène. 

43 homicides depuis le début de l’année

En l’espace d’une seule journée, deux homicides par arme à feu ont donc été enregistrés en Guyane. Ce meurtre intervient quelques heures après la mort par arme à feu d’une femme à son domicile à Kourou, au Dégrad Saramaca. 

Autre drame récent qui a suscité un vif émoi : un jeune handballeur Anderson Marcellus, âgé de 14 ans, est décédé le vendredi 4 septembre 2026 à Cayenne. Il a été mortellement touché par balle à la cité Eau-Lisette, lors d’une fusillade. Selon les premiers éléments rapportés, il aurait été victime d’une balle perdue alors qu’il tentait d’intervenir dans une altercation.

Avec la mort de Badbay Mono, le nombre d’homicides enregistrés en Guyane atteint désormais 43 depuis le début de l’année. En 2025, 43 homicides avaient été enregistrés mais sur l’ensemble de l’année.

Face à cette multiplication de violences : la CTG appelle au calme

La succession de drames liés aux armes à feu fait réagir la Collectivité territoriale qui appelle dans un communiqué au calme et à la responsabilité collective. La CTG appelle l’ensemble des acteurs à se mobiliser contre la banalisation des violences

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