Trophées FSE+ : l'Effet Morpho, première association guyanaise en finale
Pour la première fois, la Guyane sera représentée en finale des Trophées des initiatives FSE+ et FTJ. L'association L'Effet Morpho fait partie des trois finalistes de la catégorie « Inclusion sociale et professionnelle des publics vulnérables », parmi 173 porteurs de projets en lice. Rendez-vous le 17 novembre à Saint-Ouen, au nord de Paris. Le public peut voter pour elle jusqu'au 13 novembre.
Par La rédaction PÉYI · 04/11/2026

Le projet primé porte sur la scolarité des jeunes des villages du Haut-Oyapock et du Haut-Lawa. Dès l'âge de 10 ou 11 ans, ces enfants doivent quitter leur famille pour poursuivre leurs études sur le littoral. L'Effet Morpho les accompagne dans leurs démarches administratives et leur sert de relais une fois installés.
Une reconnaissance qui tombe à point. En difficulté financière, l'association avait vu ses activités suspendues à la rentrée, avant de retrouver ses moyens de fonctionner. « La rentrée a été mouvementée, et c'est justement sur cette action-là qu'on rencontre des difficultés. C'est en même temps celle qui est reconnue au niveau national », souligne sa présidente, Myriam Dufay. En cas de victoire, le projet pourrait être financé par le Fonds social européen plus (FSE+) et le Fonds pour une transition juste (FTJ).
« Rapporter le trophée à la Guyane »
L'association ne s'y attendait pas. « Jusqu'à maintenant, aucune association de Guyane n'avait été sélectionnée. On s'est inscrits sans vraiment y croire, jusqu'à ce qu'on reçoive le mail de confirmation », raconte Myriam Dufay.
Faire partie des trois finalistes est déjà « une victoire », selon elle. Mais l'équipe vise plus haut : « On aimerait rapporter le trophée à la Guyane, et il n'y a qu'un seul moyen d'y parvenir : que les gens votent pour le projet de l'Effet Morpho. » Douze actions sont en compétition, réparties sur quatre thématiques. Pour la présidente, la spécificité du projet a pu peser dans la sélection :
« Ce sont des situations assez emblématiques de la Guyane et de l'adaptation des politiques publiques à notre territoire. C'est un programme extrêmement agile, qui agit exactement là où les politiques publiques pèchent, sur les manquements dans la continuité de la scolarité des enfants. »

Montrer une Guyane qui invente
Myriam Dufay veut aussi profiter de cette finale pour sensibiliser le public de l'Hexagone :
« Souvent, on entend parler de la Guyane pour ce qui ne va pas. Notre action, elle, est pour l'épanouissement des jeunesses, le droit aux rêves, à se projeter dans l'avenir. En Guyane, on sait créer, on sait inventer des façons d'agir adaptées. Le faire reconnaître au niveau national, c'est notre objectif. »
Elle espère que cette visibilité permettra d'orienter des politiques publiques et des financements vers ces besoins. « C'est une réalité invisible, inimaginable ailleurs, et pourtant il y a des besoins assez importants sur notre territoire. »
Pour voter : jusqu'au 13 novembre, sur le site village-fse2026.fr/projets.




